Quand l’Aquascope ferme ses portes

Brume matinale sur le lac de Virelles au lever du soleil, observée depuis les sentiers de l'Aquascope

24 heures au bord du lac de Virelles, lorsque les visiteurs repartent et que le calme reprend possession des lieux.

Isabelle me l’avait offert pour Noël.

J’avais mis l’endroit de côté depuis un moment. Elle s’en souvenait mieux que moi.

Une heure de route. Un lac. Une cabane. On ne prenait pas grand risque.

J’ai un petit faible pour la région de Chimay sans la connaître à 100 %. On y a fait le marché de Noël deux fois. L’atmosphère vieilles briques, l’ambiance bon enfant, quelque chose qui nous revient à chaque fois. Virelles est juste à côté. Ça tombait bien.

Isabelle adore la nature et les animaux. Moi aussi, mais plus discrètement. Avec les années, j’y prends de plus en plus goût. Plus qu’avant. Je regarde davantage, j’observe davantage. Virelles avait donc de bonnes chances de nous plaire.

La cabane

On arrive en début d’après-midi. Une hôtesse nous emmène à travers les bois. Au détour des arbres, le lac apparaît par trouées. Elle nous prévient — le niveau est bas cette année, l’eau sera un peu plus loin que d’habitude.

On pousse la porte de la cabane.

On oublie l’avertissement.

Ronde, tout en bois, parfaitement intégrée. Des baies vitrées partout. La lumière entre de tous les côtés. Vue directe sur le lac. Isabelle pose ses jumelles sur la terrasse et ne les lâche plus. Hérons, cormorans, poules d’eau.

On n’a encore rien vu.

Intérieur de la cabane de l'Aquascope de Virelles avec vue sur le lac à travers les grandes baies vitrées

Cabane en bois de l'Aquascope de Virelles ouverte sur le lac au coucher du soleil

Quand les visiteurs repartent

L’Aquascope mérite la visite. L’expo photos animalière est belle. L’espace sur les loups, vraiment bien fait. Le film sur les saisons du lac, à ne pas zapper.

Et puis il y a les abeilles. Une ruche incorporée dans un mur, visible derrière une petite porte dérobée vitrée. On s’arrête là plus longtemps que prévu. On observe sans qu’elles nous voient. Déjà, l’idée de regarder sans déranger.

Puis les portes se ferment.

Les visiteurs partent. Les sentiers se vident. On se retrouve à trois couples, seuls sur le site entier. D’observatoire en observatoire, dans un calme absolu. Pas de bruit. Pas de montre. Les grenouilles accompagnent nos pas — un espace entier leur est dédié, avec une partie vitrée visible depuis un sentier souterrain. Les oiseaux terminent leur journée avec nous. Canards, hérons, sternes, cormorans. La lumière fléchit doucement.

Je ressentais un privilège énorme d’être là.

Observer la vie sur le lac depuis un observatoire de l'Aquascope de Virelles

Cachés derrière une vitre

C’est l’endroit que je n’oublierai pas.

Une petite cabane en bois au milieu des arbres. On entre, on s’installe derrière une vitre. Les oiseaux ne nous voient pas. Silence total. Mésanges, tourterelles, pic épeiche — à quelques dizaines de centimètres.

On n’a pas bougé. On n’a pas parlé.

Isabelle retenait son souffle. Je regardais Isabelle retenir son souffle.

On y est restés longtemps.

Rouge-gorge observé depuis la cabane d'observation de l'Aquascope de Virelles

La soirée

Barbecue avec le colis fourni. Viande locale, légumes, pommes de terre. Un énorme morceau. Délicieux. Le coin repas dans la cabane est un peu juste — deux bûches en bois, c’est charmant trente secondes. On s’adapte.

Profiter du calme du lac de Virelles depuis la terrasse de la cabane

Après, la terrasse. Le soleil descend sur le lac. Les couleurs changent. Un héron traverse le ciel au bon moment. Ces images-là, on ne les cherche pas. Elles arrivent.

On veille tard dans le noir. Les derniers cris d’oiseaux s’effacent un par un.

Le matin

Je suis un lève-tôt.

Je file en douce avant qu’Isabelle ne se réveille. Chaussures de rando, Fuji sous le bras.

Le lac est là, avec une brume légère qui danse à sa surface. Le soleil se lève derrière. Quelques canards glissent silencieusement sur l’eau. Tout semble suspendu.

Canards glissant sur le lac de Virelles dans la brume du petit matin

Je photographie. Surtout, je regarde.

C’est le moment qui me revient le plus souvent quand je repense à Virelles.

À mon retour, Isabelle est sur la terrasse. On retourne une dernière fois dans la cabane vitrée avant l’ouverture. Les mésanges prennent déjà leur petit-déjeuner. Nous aussi, quelques minutes après, face au lac, sous le soleil matinal, sans un seul autre humain en vue.

Un petit-déjeuner comme on aimerait en vivre plus souvent.

Ça vaut le détour ?

Oui. Mais en logeant sur place — c’est là que tout se passe. Pour une visite à la journée, comptez au minimum trois heures.

Dans dix ans, je me souviendrai de la brume sur le lac au petit matin. Du héron au coucher du soleil. Et d’Isabelle derrière sa vitre, qui retenait son souffle.

Certains cadeaux de Noël, on ne les oublie pas.

Informations pratiques

Lieu : Aquascope de Virelles

Durée minimale de visite : 3 heures

Dormir sur place ? Oui, c’est selon nous ce qui donne tout son intérêt à l’expérience.

Période de notre séjour : mi-août

Pour qui ? Amoureux de nature, d’observation, de photographie et de calme.

Pour qui ce n’est pas ? Les personnes recherchant des activités à sensations fortes ou un rythme soutenu.

Accessibilité : Peu adapté aux personnes à mobilité réduite.

Site officiel : https://www.aquascope.be/

Pour prolonger la balade.

Entrée de l'aquascope de VIrelles

Pic épeiche à l'Aquascope du lac de Virelles

Tête de grenouille sortant de l'eau à travers des lentilles vertes

Un canoe sur une berge sauvage de l'Aquascope du lac de VirellesUn héron dans la lumière de l'aube sur le lac de Virelles

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