|

Itinéraire Namibie 15 jours : road trip entre dunes, safaris et océan

Arbre mort dans Deadvlei avec dunes de Sossusvlei en Namibie

 

Bien avant de fouler le sol namibien, je savais que ce voyage ne serait pas comme les autres.

En descendant de l’avion à Windhoek, après des heures de vol, encore un peu sonné, et le corps qui me rappelle mes 50 ans, je me souviens de cette lumière, pourtant matinale et déjà intense. De cette chaleur aussi, qui a fini par me remettre doucement en route.

C’est à ce moment précis que tout est revenu : les vertiges, les appréhensions, les doutes, mais aussi l’excitation. Je ne commençais pas  des vacances. Je partais pour une aventure : 15 jours de road trip en 4×4 à travers la Namibie.

J’avais beaucoup lu et anticipé ce voyage.
Mais certaines choses ne se comprennent vraiment qu’une fois sur place.
(Je reviens sur ces décalages dans cet article sur ce que je n’avais pas compris avant mon voyage en Namibie.)

Dans cet article, je vous emmène avec moi à bord de mon Suzuki Jimny, sur les pistes poussiéreuses du pays. Des plaines sauvages d’Etosha aux flamants roses de Walvis Bay, jusqu’aux dunes rouges de Sossusvlei.

Je vous partage ici un itinéraire préparé minutieusement avant le départ : kilomètres, temps de route, étapes, hébergements, mais aussi les imprévus et les erreurs qui font partie du voyage.

Je ne vous promets pas un road trip parfait en Namibie.
Mais un parcours pensé et vécu, pour vous aider à construire le vôtre.

Résumé de l’itinéraire

DURÉE 15 jours / 14 nuits
DISTANCE Environ 2 500 km
VÉHICULE Suzuki Jimny 4×4 (Voir mon retour complet)
BUDGET TOTAL 6 535 € pour 2 pers. (Détails du budget)
PARCOURS Windhoek → Etosha → Vingerklip → Twyfelfontein → Spitzkoppe → Walvis Bay → Sesriem → Windhoek
SAISON Juin (Hiver austral)

Un itinéraire équilibré, pensé pour un premier voyage en Namibie.

Quelle est la logique de cet itinéraire ?

S’adapter à la réalité des 15 jours

Construire un itinéraire de 15 jours à travers la Namibie pour un road trip réussi n’est pas chose aisée.  Le pays est immense et propose tant de choses à découvrir. Pour un premier voyage, j’ai dû faire des choix, parfois frustrants, il est impossible de tout voir en ce laps de temps. Je suis donc resté modeste et concentré  sur l’essentiel.

L’équilibre entre route et découverte

En Namibie, les distances sont longues, les routes difficiles et les temps de trajet souvent sous-estimés.
J’ai construit délibérément une boucle qui s’équilibre entre progression, découverte et temps de pause.

Un sens de parcours pour un final en apothéose

J’ai choisi une boucle dans le sens antihoraire, pour maintenir un émerveillement visuel progressif,  jusqu’au final spectaculaire des dunes rouges de Sossusvlei.

Ce choix reste personnel. Que l’on commence ou termine par Etosha, l’expérience sera aussi de toute façon exceptionnelle.

En revanche, j’ai veillé à une logique d’étapes, pour éviter les détours inutiles et les journées de route trop lourdes. Le but n’est pas de parcourir la Namibie montre en main, mais de s’imprégner pleinement de la beauté des paysages.

La préparation crée la liberté

Un road trip en autonomie en Namibie ne s’improvise pas.
Quand on part à plusieurs milliers de kilomètres, seul face à un pays aussi vaste, tout doit être préparé à la maison : distances, ravitaillements, horaires.

Cet itinéraire a été conçu pour être tenable. La fatigue, les temps de route et les contraintes prévisibles font partie du plan.

Sur place, je me suis appuyé sur ce parcours préparé depuis mon salon, en ne l’ajustant qu’en cas d’imprévu. Le voyage se vit alors pleinement, sans hésiter.

Jour 1 : Arrivée en Namibie, premiers kilomètres autour de Windhoek

Départ : Windhoek (agence Namibia2Go)
Arrivée : Ovita Wildlife Restcamp (Okazize)

Distance : ±160 km (dont 30 derniers km de piste)
Temps de route : ±2h (hors arrêts)

Arrêts :

  • Spar Klein Windhoek  (achats premières nécessités)
  • Dedes Place café à Okahandja (pause déjeuner)

Carburant : Station Shell à Okahandja

Objectif : Prendre la direction du Parc d’Etosha. S’en rapprocher sans faire un kilométrage excessif après vol de nuit. Première étape déjà en total immersion namibienne.

Préparer la sortie de Windhoek

Le but de cette première journée était clair : avancer vers le Parc national d’Etosha, premier grand objectif de ce voyage.

Au petit matin, à Windhoek, à peine descendus de l’avion, fatigués et encore un peu sonnés par la nuit en vol, je ne voulais surtout pas alourdir la journée. Il fallait rester simple, efficace, et ne pas brûler d’énergie inutilement dès le départ.

L’étape vers Okazize s’est imposée assez naturellement. Environ 160 kilomètres pour sortir de la capitale, se rapprocher déjà d’Etosha, découvrir les premiers paysages namibiens, et surtout s’offrir une vraie nuit de repos dans un endroit calme.

Avant de quitter la ville, nous faisons un arrêt rapide au Spar de Klein Windhoek.
Eau, papier toilette, quelques aliments secs. Rien de spectaculaire, mais ces petits achats ont quelque chose de rassurant. Comme si on se préparait à entrer dans un espace plus vide, plus brut.

Route vers le nord

Pour être honnête, nous étions un peu tendus.
Première sortie hors d’Europe, premiers pas en Afrique. On observe, on fait attention, sans trop savoir à quoi s’attendre.

Finalement, la traversée de Windhoek se passe très bien.
La ville, du peu que j’en ai vu, m’a semblé agréable. Et surtout, je n’ai pas ressenti d’insécurité particulière, contrairement à ce que j’avais pu imaginer avant le départ.

Nous quittons la capitale par la A1 en direction du nord.
Une seule voie dans chaque sens, mais un goudron impeccable. Rapidement, la circulation disparaît, les bâtiments s’effacent, et l’espace s’ouvre.

C’est notre première claque visuelle.

À Okahandja, nous faisons une pause prévue.
Station Shell pour le plein, et juste à côté, le café Dede’s Place.

À la station, le pompiste s’approche et me demande d’où je viens.
“Belgium.”

Son visage s’éclaire immédiatement :
“Ah ! Lukaku, De Bruyne, Hazard ! Big team !”

Je souris. On échange quelques mots, un peu hésitants, dans un anglais approximatif. Mais ça suffit largement.

Ce genre de scène, simple et inattendue, va se reproduire plusieurs fois pendant le voyage. Toujours les mêmes noms, toujours le même sourire.
À des milliers de kilomètres de chez nous, ça crée un lien immédiat.

Nous nous installons ensuite à l’arrière du café, à l’ombre des arbres.
Un endroit calme, presque à l’écart. Assis là, à quelques mètres de la voiture, on commence doucement à redescendre. C’est le premier vrai moment où l’on souffle depuis le départ.

Pistes et paysages

Nous reprenons la route en direction du nord.
La A1 devient la B1, une longue ligne droite qui semble filer vers l’infini.

Puis, au milieu de nulle part, le GPS indique de quitter le goudron.

Je tourne à gauche.

Et sans transition, l’asphalte disparaît.

Je stoppe la voiture presque immédiatement.

On descend.
Le silence est total. La lumière est dure.
Sous les pieds, le sable est chaud, meuble. Et ce rouge… omniprésent.

4x4 sur une piste de sable rouge en Namibie au début du road trip

Isabelle m’appelle. Je me retourne et la vois à côté d’une termitière gigantesque, bien plus grande qu’elle.
La scène paraît irréelle.

À cet instant précis, quelque chose bascule.
Le voyage commence vraiment.

Les 30 kilomètres de piste qui suivent sont une découverte à part entière.
Il faut adapter sa conduite, apprivoiser le 4×4, apprendre à gérer les croisements dans des nuages de poussière où l’on ne voit plus rien pendant quelques secondes.

Le paysage est sec, presque minéral.
Et pourtant, on aperçoit parfois des troupeaux de bovins, posés là, comme hors du temps.

On s’arrête, on repart, on ouvre et on referme des barrières.
Des gestes simples, mais qui participent pleinement à l’expérience.

Arrivée à Ovita Wildlife Restcamp

Après plusieurs kilomètres, nous arrivons enfin à Ovita Wildlife Restcamp.

L’endroit est isolé, totalement.
Le calme est immédiat.

Un 4x4 stationné devant un bungalow en pierre au Ovita Wildlife Restcamp en Namibie

C’est exactement ce que j’étais venu chercher pour cette première journée : sortir de la ville, entrer progressivement dans le pays, et poser les bases du voyage sans s’épuiser.

Avec le recul, je ne changerais rien à cette étape.
Elle remplit parfaitement son rôle.

Si j’avais eu plus de temps, j’aurais sans doute ajouté une nuit à Windhoek pour découvrir la ville, et une seconde ici pour profiter davantage du lieu et des activités proposées sur la ferme.

Mais dans un itinéraire de 15 jours, ce choix était cohérent.

Ce soir-là, je me suis couché fatigué, mais apaisé.
Avec la sensation d’avoir déjà vécu quelque chose de fort.

Et ce n’était que le premier jour.

Jour 2 : D’Ovita Wildlife Restcamp à Mushara Bush Camp, aux portes d’Etosha

Départ : Ovita Wildlife Restcamp (Okazize)
Arrivée : Mushara Bush Camp (à proximité d’Etosha National Park)

Distance : ±470 km (dont ±15 derniers km de piste)
Temps de route : ±4h15 (hors arrêts)

Arrêts :

  • Crocodile Farm à Otjiwarongo (visite + déjeuner)
  • Retrait d’argent (NAD)

Carburant :

  • Station à Otjiwarongo
  • Station à Otavi
  • Station à Tsumeb

Objectif : Rejoindre les portes d’Etosha sans subir la distance, en structurant la journée autour d’une pause agréable à Otjiwarongo. Se positionner idéalement pour une entrée dans le parc dès le lendemain.

Longue route vers Etosha

Réveil et préparation matinale

On s’attendait à une journée longue et monotone sur la route. Pourtant, ces voyages lointains ont parfois leurs propres desseins.

C’est par des cris d’animaux que nous fûmes réveillés ce matin-là. Le jour se levait à peine. Pourtant, Isabelle et moi étions comme neufs. Et tant mieux. On se préparait à notre plus longue journée de route de ce road trip namibien.
Le but de la journée était d’arriver aux portes d’Etosha, afin d’en profiter au plus tôt le lendemain matin.

Petit déjeuner et échanges locaux

Après le petit déjeuner, nous avons pris un peu de temps avec le patron. Il nous a expliqué les beautés de son métier, mais aussi les contraintes dues aux particularités de la Namibie. Un échange enrichissant.

La route : paysages et pistes

470 kilomètres de route nous séparaient de notre escale du soir. Nous quittons les lieux par la même piste que la veille, en sens opposé. Cette fois, c’est la lumière du matin qui nous porte. Je me sens chanceux de vivre ces moments. Quant à Isabelle, elle reprend son jeu avec les barrières.

Suzuki Jimny franchissant une barrière sur une piste de sable en Namibie

30 kilomètres et quelques grains de poussière plus loin, nous retrouvons le bitume de la B1. Toute la journée, au volant, j’aurai l’impression que cette route nous mène vers un horizon sans fin. Pourtant, on ne se lasse pas des paysages. Et ce soleil qui vous caresse la peau à travers les vitres du 4×4, sans répit.

Escale à Otjiwarongo : ferme de crocodiles

Après environ 170 km, nous arrivons à Otjiwarongo. Une petite ville intéressante : on peut y faire le plein, retirer du cash et surtout profiter d’un site unique en Namibie, une ferme de crocodiles.

Parking privé et gardé pour notre petite Jimny, déjà moins clinquante que la veille. Accompagnés d’un guide passionné, nous découvrons les crocodiles dans leurs installations. Ils sont plusieurs dizaines. Nous sommes vraiment proches d’eux. On peut même prendre un bébé dans les mains. Isabelle et moi refusons. Ce ne sont pas des jouets.

La ferme propose aussi un restaurant. Nous nous installons à une table, isolée, dans la fraîcheur d’un jardin luxuriant, bien entretenu, au style presque anglais. Accueillis par des chants d’oiseaux et quelques papillons virevoltant autour de nous. Comme c’est une ferme d’élevage, le crocodile est au menu. Nous découvrons cette viande : un goût quelque part entre le poulet et le poisson. C’est curieux. Et c’est bon.

L’approche des crocodiles et cette pause gourmande dans cette sorte d’oasis nous ont requinqués. Nous faisons le plein de carburant et de dollars namibiens à Otjiwarongo. Le long chemin vers notre étape de nuit est entrecoupé d’arrêts carburant à Otavi et Tsumeb, servis par des pompistes toujours aussi sympathiques.

Contrôle policier

Ce qui arriva ensuite fut moins agréable.

La journée avançait bien. Le GPS indiquait une arrivée au Mushara Bush Camp avant le coucher du soleil, mais sans véritable marge.

Sorti de nulle part, un policier en bord de route nous fait de grands gestes pour nous indiquer de nous arrêter. Pour être honnête, j’hésite une seconde. Finalement, je freine et me range sur le côté gauche.
Il arrive à notre hauteur et nous indique que nous roulions trop vite. Sa machine aurait détecté un excès de vitesse. Je lui explique, maladroitement en anglais, que je respectais les limitations indiquées. Il me répond que nous approchons d’Etosha, que des animaux traversent parfois la route et que la vitesse est donc réduite ici.

J’ai du mal à le croire. Je sens l’arnaque. À côté de moi, Isabelle ne dit pas un mot.

Il nous demande de le suivre jusqu’au commissariat pour régler l’amende. Celui-ci se trouve à une heure de route. Je calcule rapidement : une heure aller, une heure retour. Deux heures perdues. Rouler de nuit. Arriver en retard au camp.

Je comprends que je n’ai pas vraiment le choix. Alors je rentre dans son jeu. Je lui demande si l’on peut régler sur place.
Il me demande combien je peux payer.

Je jette un œil dans mon portefeuille. Je réfléchis. Je bafouille.
Je propose 300 NAD.

Il accepte immédiatement. Prend l’argent. Et nous dit de ne jamais parler de ce moment.

Devais-je m’arrêter ? Refuser ? Insister ?
J’ai agi comme un étranger, loin de son pays. Je n’ai pas fait le malin. J’ai voulu nous protéger.

Sur le moment, on fait comme on peut.
Mais c’est le genre de situation que je n’avais pas vraiment anticipée avant de partir.
(J’en parle plus en détail dans cet article sur ce que je n’avais pas compris avant mon voyage en Namibie.)

Arrivée au Mushara Bush Camp

C’est un peu sonnés que nous arrivons au Mushara Bush Camp. Heureusement, le cadre et l’environnement nous font vite oublier cette mésaventure. Le verre de bienvenue, un jus de goyave, achève de nous remettre d’aplomb.

Une tente tout confort nous attend au bout d’un petit sentier, au cœur d’une végétation nue. C’est la saison d’hiver, en juin.
La soirée est fraîche.

Extérieur d'une tente de luxe avec terrasse en gravier et deux chaises longues au Mushara Bush Camp, à l'entrée du parc d'Etosha

Après le dîner, près de la réception, attirés par les couleurs et les crépitements d’un feu de bois, nous nous installons sur les fauteuils disposés autour. Quelques instants plus tard, le feu attire d’autres voyageurs. Un petit groupe de francophones se forme. La soirée s’anime. Chacun raconte ses aventures. Pour nous, elles commencent à peine. Pour d’autres, elles touchent déjà à leur fin.

Bilan de la journée

Cette étape entre Okazize et le Mushara Bush Camp était celle qui comportait le plus grand kilométrage. Longue et monotone sur le papier, elle s’est révélée mémorable.
Entre la parenthèse presque paradisiaque de la crocodile farm d’Otjiwarongo et cette arrivée aux portes d’Etosha au goût plus amer.

De nouveau, je suis satisfait du plan de route. Aujourd’hui, le sacrifice des kilomètres. Demain, le bénéfice : entrer dès l’aube dans le parc d’Etosha.
Avec le recul, je ne changerais rien à cette étape… à part cet imprévu.

Après avoir dit au revoir à nos amis français, nous regagnons notre tente. Une surprise nous attend. Pendant le dîner, quelqu’un est venu discrètement glisser des bouillottes sous nos couvertures.

Lovés dans des draps moelleux, les pieds contre la chaleur des bouillottes…
Et quelques heures plus tard, pénétrer les terres sauvages d’Etosha.

Quel contraste.

Jour 3 : Entrée dans Etosha, premières pistes et premiers animaux

Départ : Mushara Bush Camp
Arrivée : Halali Resort (Parc d’Etosha)

Distance : ±100 km (dans le parc)
Temps de route : journée complète de safari (rythme lent, nombreux arrêts)

Arrêts :

  • Namutoni (entrée du parc, paiement des frais)
  • Points d’eau le long de la route (observation animalière)

Carburant : Station à Namutoni (dernier point avant immersion complète dans le parc)

Objectif : Entrer dans le Parc d’Etosha dès l’ouverture, prendre le temps d’explorer sans contrainte en reliant Halali à travers les points d’eau, au rythme des observations animalières.

Excitation et premières rencontres

Excités et anxieux, la Suzuki sera vite remplie de nos bagages ce matin-là. Pas à cause de cette étape au Mushara Bush Camp. Que du contraire. Mais la perspective de rentrer dans le Parc National d’Etosha nous avait fait facilement sauter hors du lit dès les premières lueurs du jour.

À peine 10 minutes plus tard, nous franchissons la porte Von Lindequist (Namutoni). Arrêt obligatoire. Impression de rentrer dans une zone interdite. Le sourire des pompistes me manque à cet instant là.

Premier safari en autonomie

Marche avant, en route pour notre premier safari en autonomie à Etosha.

Qu’allaient nous réserver ces trois jours de safari dans le parc ? Secrètement, Isabelle et moi rêvions de pouvoir observer tous les animaux légendaires : fauves, éléphants, rhinocéros et tant d’autres. Pourtant, notre seule certitude était de franchir la porte d’entrée et d’en ressortir trois jours plus tard. Qu’est-ce que la vie allait mettre sur notre chemin entre-temps ?

À peine deux minutes. 120 secondes. C’est le temps qu’il a fallu pour notre première rencontre animalière. Un groupe de springboks avançait paisiblement dans une brousse plutôt basse et dispersée. Des mois de préparation. Une longue attente. Et puis, des frissons. Des photos. Mon Fuji ne le savait pas encore, mais il commençait une période intense de travail.

Avec tous nos sens en éveil, nos yeux devenus des radars, nous prenons la direction du village de Namutoni, un des trois villages du Parc National. C’est dans ces bureaux que nous devons payer les frais d’entrée du parc.

Namutoni possède aussi une station-service, la première des trois existantes dans le parc. On veut en profiter pour ravitailler la Jimny et arriver à bon port le soir à Halali.

L’imprévisible revient au galop.

Le jeune pompiste nous prévient qu’il ne lui reste plus que quelques litres avant que sa cuve ne soit vide. Il voit ma tête changer. Je sens mon cœur s’emballer. Des calculs rapides dans ma tête. Je pense que ce sera suffisant pour rejoindre Halali le soir, où se trouve une autre station-service. Je dis au jeune gars : « Vas-y, mets tout ce que tu as ! »

On échange quelques mots, on dit qu’on vient juste de rentrer dans le parc. Et sans rien lui demander, il nous explique vers quels points d’eau nous rendre pour avoir la chance d’observer des animaux. Ceux-ci se déplacent tout le temps. La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain.

On reprend la route, avec un bout de plan du parc annoté par notre jeune ami. Et surtout avec de l’or. Les quelques litres de carburant qui devraient sauver notre journée.

Observations animalières et émerveillement

Après notre entrée dans le parc et le premier arrêt au point d’eau Klein Namutoni, on suit les conseils de notre pompiste et on se dirige vers celui de Groot Okevi. À l’arrêt, on y observe tout un tas de petits animaux, dont de nouveaux springboks.
Mais celui-là restera, à jamais, le premier de notre safari à Etosha. Seul. Arrivant d’un pas tranquille, presque apaisant. Un éléphant vient s’abreuver à quelques dizaines de mètres de nous. Ébahis. Accrochés à nos sièges de notre minuscule 4×4. La terre s’arrête de tourner. L’impression que tous les animaux présents sur place font un silence commun. Bouches bée, nous resterons là un long moment à l’observer. Simplement.

Rencontre avec un éléphant sauvage lors d'un safari en Namibie au parc national d'Etosha.

Nous laissons l’éléphant derrière nous et poursuivons notre chemin. On se dit que notre journée est déjà bien réussie. C’était sans compter sur la présence de deux géantes nous barrant la route. Deux girafes profitaient d’arbustes à leur taille pour s’en goinfrer. Pendant que nous les dévorions du regard.

Girafe sauvage observant le photographe lors d'un safari au parc national d'Etosha

Comme les girafes, on voulait aussi se ravitailler. Le Mushara Bush Camp nous avait préparé, à notre demande, des lunch boxes. On profite donc d’un point d’eau pour faire notre pause déjeuner. Bientôt 30 ans que je suis chauffeur livreur. C’est la première fois de ma vie que je casse la croûte à quelques pas d’une famille d’éléphants.  J’éprouvais une sensation étrange. Je regardais un film confortablement. Et pourtant, je faisais partie intégrante de la scène. Ce contraste, je l’ai retrouvé plus tard, de manière encore plus marquée avec les éléphants.

Tout l’après-midi, en chemin vers Halali, le défilé de points d’eau nous apportera son lot de rencontres sauvages. Springboks, zèbres, koudous, phacochères

Et puis la première rencontre avec un des symboles de la Namibie : l’oryx. Cette journée était folle.

Oryx majestueux observé près d'un trou d'eau lors d'un safari dans le parc national d'Etosha

Nuit à Halali et point d’eau nocturne

Il était temps de prendre la direction du camp d’Halali. Les portes de chaque village d’Etosha s’ouvrent au lever du soleil et se ferment à son coucher. J’aurai passé une bonne partie de la journée l’œil sur la jauge de carburant. Soulagé, on passera la porte d’entrée du village dans les délais.

J’arrivais avec des a priori négatifs sur ces villages étapes du Parc National d’Etosha. J’en suis ressorti avec une expérience globalement positive.

Pourtant,

En découvrant notre maisonnette, qui au passage sentait déjà le vécu. En voulant soulager un besoin pressant, j’eus la surprise de découvrir la brosse des WC dans la cuvette. Une journée sublime qui se termine comme ça…

Nous sommes allés dîner au restaurant du resort. J’avais lu beaucoup de critiques négatives. Isabelle était du même avis que moi. Nous avons apprécié le repas, ses options et ses saveurs.

L’avantage de dormir à Halali, c’est de pouvoir accéder au point d’eau Moringa, de jour comme de nuit.
Après le dîner, au bout d’une courte marche, on y arrive facilement. Nous étions nombreux à avoir eu la même idée.
Pourtant, tout ce petit monde était silencieux, même respectueux. Je comprenais rapidement. Plusieurs rhinocéros occupaient la « scène ». Ils avaient dû faire de nombreux kilomètres pour venir faire le plein d’eau. Finalement, une scène de vie animale banale. Pourtant, nous étions tous comme hypnotisés devant eux.

Une journée bien fournie. On a pu visiter de nombreux points d’eau autour de la route menant de Namutoni à Halali. Quelques-uns étaient à sec. Certains avec peu ou pas de vie animale. Tandis qu’à d’autres, les animaux nous partageaient leur vie en tant qu’individus ou en famille, comme ces éléphanteaux protégés par leurs grands frères. On a craqué en les observant.

La stratégie de dormir la veille aux portes du parc était la bonne : profiter d’une nuit confortable et de bons repas et entrer dans le parc aux premières lueurs du jour.
Arrivé plein de doutes à propos des logements et services du NWR, au bout de cette première journée, mon bilan est globalement positif.
Je conseillerais de rentrer dans le Parc d’Etosha avec un bidon d’essence de réserve. Nous avions le bidon, mais j’avais estimé inutile de le remplir. Apparemment, il arrive fréquemment que les stations-service des villages soient à sec. Les derniers litres à Halali ont sauvé ma journée.

Dormir dans un village d’Etosha, que ce soit Namutoni, Halali ou Okaukuejo, peu importe. Pour une fois, c’est l’humain qui dort dans un enclos, les animaux sont les maîtres à l’extérieur.

Jour 4 : Safari dans Etosha, entre tensions et émerveillement

Départ : Halali
Arrivée : Okaukuejo (Parc d’Etosha)

Distance : ±100 km (dans le parc)
Temps de route : journée complète de safari (rythme lent, nombreux arrêts)

Arrêts :

  • Point de vue sur le pan d’Etosha
  • Points d’eau le long de la route (observation animalière)

Carburant :

  • Station à Halali
  • Station à Okaukuejo

Objectif : Traverser le cœur du Parc d’Etosha en direction d’Okaukuejo, découvrir l’immensité du pan et multiplier les observations animalières au fil des points d’eau.

Petit-déjeuner et départ pour Okaukuejo

En ouvrant les yeux ce matin-là, Je ne le savais pas encore. Pourtant on se préparait à vivre le moment le plus intense de notre voyage.

Pour cette seconde journée de safari dans Etosha, le programme était simple : explorer en autonome le coeur du parc et aller découvrir le site unique et spectaculaire du Pan d’Etosha.

En attendant, Isabelle et moi commençons à prendre goût aux omelettes quotidiennes du petit déjeuner. Celle de ce matin à la cantine de Halali sera autant savoureuse que gourmande. C’est en général toujours le chef de la cuisine qui la prépare, quand arrive votre tour et qu’il vous demande du haut de sa toque ce que vous désirez avec, n’hésitez pas, dites : full. Vous allez dévorer une omelette avec légumes, viandes et fromages. Vous calerez votre estomac pour un bon moment.

En arrivant la veille sur le camp de Halali, nous avons profité du carburant encore disponible à la pompe du village. Ce matin, on pouvait partir tranquille vers Okaukuejo.

Comme le jour précédent, je suis impressionné par le nombre de zèbres que l’on croise. Ce matin-là, avec la Jimny, on restera à l’arrêt de longues minutes. Un défilé incessant  de zèbres soulevant un nuages de poussières, traversait la piste juste devant nous. Pas besoin de tv, radio ou internet. Le spectacle est là. Sous nos yeux.

Rencontre avec des zèbres sur les pistes du parc national d'Etosha lors d'un autotour en Namibie.

Découverte du Pan d’Etosha

Et puis l’horizon s’ouvre complétement. On fait face au vide.

Traversée du Pan d'Etosha en Namibie : paysage aride et plat typique d'un safari en autotour.

Ce fameux pan d’Etosha, immense désert de sel au coeur du parc, on le voit arriver de loin. Cet énorme lac asséché long de quelques dizaines de kilomètres tranche avec la végétation pourtant déjà si pauvre du parc. Un chemin s’enfonce dans le Pan sur quelque centaines de mètres. Tout au bout de celui-ci, on quitte le 4×4. Un vent soutenu nous surprend de suite. Terriblement sec, le sol craque sous nos pieds. Isabelle remarque des traces de pas d’animaux. Que cherchent t’ils par ici ? la mort ?

De retour sur les pistes, en chemin vers Okaukuejo. Toujours gâtés par un grand nombre d’animaux au point d’eau ou croisés en bord de route.
Au lieu dit « Charitsaub », ce n’est plus le vide du Pan que l’on rencontre. Mais un arbre. Seul. Résistant. Il paraît que les fauves viennent y digérer leur repas à l’ombre de ses peu nombreuses branches. On n’en verra pas. D’ailleurs, une frustration grandît en nous. Isa et moi comptabilisons tout les animaux croisés. Pas un seul fauve, ni lion, ni lionne.

Arbre isolé dans la savane aride bordant le désert de sel d'Etosha sous un ciel clair.

Face aux éléphants : frissons et adrénaline

Mais comme bien souvent, on attend une chose, c’est une autre qui se présente.

En bordure de la piste C38, non loin de Rietfontein. Un troupeau d’éléphants, entre 20 et 30 individus, étaient posés, là, sagement. Des éléphanteaux se roulaient dans la poussière, d’autres tentaient d’attraper des branches avec leurs trompes. On assistait tranquillement à une douce scène de vie animalière , depuis notre petite jimny, à l’arrêt sur la piste.
Isabelle était au volant. J’en profite pour faire une vidéo avec mon smartphone. Ils étaient tellement nombreux et si proches.

Trop proches.

La scène de vie qui se déroulait sous nos yeux était comme une carte postale. Pourtant. Isabelle remarque qu’un des plus grand éléphant semble s’agiter, il commençait à battre des oreilles. Isabelle à l’instinct pour ces choses là. Elle me dit d’une voix plus trop assurée : ils semblent s’énerver, ce n’est pas normal.
Elle ne se trompait pas, le troupeau entier a commencé à s’agiter. La Panique s’installait chez les éléphants mais aussi dans la Suzuki. Ils commencèrent à traverser la piste juste sous nos yeux à quelques pas du minuscule capot de notre voiture. Surtout ne pas bouger, ne rien tenter. J’étais pétrifié, Isabelle se liquéfiait sur son siège. Ce moment nous a semblé une éternité. Un des derniers éléphants a être traversé s’est retourné et a fait quelques pas dans notre direction. Il s’est mit à barrir puissamment en nous regardant. A cet instant, je voyais déjà les fleurs sur notre tombe. Par chance, il est reparti. Ils sont TOUS partis. D’un coup, la pression est retombée dans le Jimny. On s’est regardé. Pas besoin de mot pour comprendre l’autre. Isabelle a redémarré. Plus sec que d’habitude j’ai trouvé.

Tremblants, nous avons continué notre chemin vers Okaukuejo. Au passage, cette piste C38 est une des pire de notre road trip en Namibie. La tôle ondulée y est vraiment cassante. Comme si ce n’était pas suffisant pour cet après-midi…

Arrivée à Okaukuejo et installation

Nous franchirons la porte sécurisée d’Okaukuejo, bien avant la fermeture.

Notre chalet dans le camp, a certainement besoin d’être rafraichi. Pourtant, il nous plait, il est spacieux, le Jimny garé tout à coté. Tout est parfait. Ou presque. Les draps d’un des lits étaient bien repliés. Prêtes à être installés.
Sauf que. Ils n’étaient pas totalement secs…

Nous sommes installés ici pour deux nuits. La cantine du camp est vraiment correcte. Notre premier dîner sera copieux et savoureux. De plus, le personnel de service est souriant. Malgré l’affluence, l’ambiance est bonne enfant.

Observation nocturne au point d’eau

L’énorme bonus qu’offre le camp d’Okaukuejo est son point d’eau. Depuis notre chalet, il nous faut à peine deux minutes de marche pour nous y rendre.

Nous en profitons d’emblée le premier soir, après le dîner. Comme la veille à Halali, des rhinocéros occupent la place. Bien installés sur des chaises, en nombres, on assiste de nouveau à une projection d’un film. La vie sauvage, sans filtre, sans scénario. Ces point de vue sur les animaux sont les atouts qui rendent les étapes incontournables dans les villages du parc. Ils font oublier des draps encore humides…

Conclusion de la journée

Le matin, la découverte du Pan nous a transporté dans un autre monde. Où le vide prend, intrigue, fascine. L’après-midi, la rencontre avec les éléphants étaient improbable. Entre rêve et cauchemar. Pourtant bien réel.

De nouveau, une journée bien préparée en amont. Mais l’imprévu a du bon aussi !

Un safari en autonomie dans le Parc national d’Etosha, c’est accepter de ne rien contrôler… et vivre des moments que même les plus beaux documentaires ne peuvent raconter.

Jour 5 : Dernier jour à Etosha, entre attente et instants rares

Départ : Okaukuejo
Arrivée : Okaukuejo (Parc d’Etosha)

Distance : ±50 km (dans le parc)
Temps de route : ±3h (hors temps d’observation)

Arrêts :

  • Points d’eau du secteur Nord-Ouest (observation animalière)

Carburant : Station à Okaukuejo

Objectif : Explorer tranquillement la zone Nord-Ouest du parc durant la matinée, puis lever le pied l’après-midi : repos au camp et observation au point d’eau d’Okaukuejo, l’un des plus actifs du parc.

Dernière chance pour les félins

Pour ce dernier des trois jours de visite du Parc national d’Etosha, une question obsédait notre esprit.
Est-ce que ces dernières heures dans le parc allaient nous permettre de découvrir des félins ?

Dans la préparation de ce voyage, après moult hésitations, j’avais décidé de rester une troisième journée dans Etosha.
Profiter de ce jour pour explorer la partie nord-ouest le matin. Et l’après-midi nous servirait de mini-break dans ce road trip de 15 jours en Namibie.
Soit en profitant d’une sieste et/ou en se posant au point d’eau d’Okaukuejo, l’un des meilleurs spots d’observation du Parc d’Etosha.

Exploration matinale : le calme avant la surprise

Comme prévu, nous franchissons les portes du camp en direction du nord-ouest. Au bout de quelques jours, notre Suzuki Jimny est devenue méconnaissable. Et les pistes du jour ne vont pas améliorer la situation.

Depuis notre arrivée, le ciel n’est que d’une seule couleur, sa plus belle : le bleu.
Nous n’avons pas encore observé un seul nuage.

Deux acacias parasols bordant une piste de gravier blanc s'étendant vers l'horizon plat et infini d'Etosha en Namibie

L’air est sec. Une impression de respirer du papier de verre.

La première partie de notre exploration matinale est la plus pauvre depuis notre arrivée dans Etosha.
Quelques springboks. On en a tellement vu en quelques jours que c’est à peine si on les regarde encore.
Un gnou.
Seul.
Détalant vers l’horizon.

Mais Etosha reste Etosha.

Dans une brousse clairsemée, à travers des herbes sèches balayées par le vent :
deux yeux.
Figé dans le paysage, un rhinocéros nous guette.
Observer un rhinocéros en plein jour est rare.
Isabelle et moi allons pouvoir le faire un bon moment.
L’observation est d’ailleurs réciproque.
Nous le suivons à distance quand il décide de se remettre en marche.
Dandinant de gauche à droite, il accélère le rythme.
On le perd de vue lorsqu’il s’engouffre dans des herbes hautes.
On peut respirer de nouveau.

Rhinocéros noir sauvage observé lors d'un safari en Namibie dans un paysage de savane aride

Finalement, notre matinée est réussie. Ce rhinocéros est un cadeau.
Nous faisons demi-tour et reprenons la direction d’Okaukuejo.

Une apparition furtive

Direction sud-est.
Aveuglé par le soleil, c’est sur le tard que j’aperçois une Land Rover, celle conçue pour le safari avec ce toit qui sert de parasol.
Elle me barrait presque la route.
À l’aide de jumelles, le guide chauffeur observait la brousse sur notre côté gauche. Ses passagers, tels des statues, avaient le regard figé dans la même direction.
Quel était l’objet de leur curiosité ?

Furtivement, entre des herbes hautes toujours aussi folles, j’aperçois un animal.
Pas évident de l’identifier.
Les herbes dansaient tellement, et la scène se passait à quelques dizaines de mètres.
Je crie à Isabelle : un félin, j’en suis presque certain !

En un éclair, j’ai le réflexe de plonger sur mon Fuji, équipé de mon plus puissant téléobjectif.
Isabelle le voit aussi, difficilement. « C’est une lionne ! » me crie-t’-elle.
Elle avait vu juste.
Je ne l’ai vue que quelques secondes dans mon viseur, juste assez pour l’identifier.
Une lionne à la robe beige, uniforme, recouverte d’un manteau de poussière.
Pas eu le temps d’appuyer sur le déclencheur.
À la vue de la Land Rover, elle a stoppé net une seconde avant de se faufiler entre des arbustes, tous plus grands qu’elle, et ainsi disparaître de notre champ de vision.

Pas le choix, nous devions dégager la route et reprendre notre chemin.
Pourtant, tout en avançant, nos deux regards la cherchaient.
Peut-être sortirait elle de ce fourré là ou de l’autre, là-bas ?
Notre espoir fut vain.

Nos souvenirs allaient devoir se contenter de cette brève rencontre avec ce félin non loin d’Okaukuejo.
Tout compte fait, ce n’était pas si mal.
La brièveté de l’instant ne le rend pas moins intéressant.
Il a le mérite d’exister.

Pause et respiration à Okaukuejo

Après un plaisant déjeuner à la cantine du camp d’Okaukuejo, Isabelle et moi décidons de faire un break de quelques heures.
Nous avions vécu tant de choses en si peu de temps.
C’était loin d’être fini.

Nous refaisons surface en milieu d’après-midi.
Un coup d’œil dehors m’indique que le soleil est loin d’avoir terminé son boulot.

Le spectacle du point d’eau au coucher du soleil

Deux minutes plus tard, nous sommes assis face à ce qui est l’un des plus beaux spots d’observation du Parc national d’Etosha : le point d’eau d’Okaukuejo.

Dès cet instant, jusqu’au coucher du soleil quelques heures plus tard, je vais assister à l’un des plus fascinants films que j’ai pu voir : la vie animale sauvage en direct, avec en arrière-plan un coucher de soleil comme seule l’Afrique peut le faire.

Coucher de soleil spectaculaire sur le point d'eau d'Okaukuejo avec des éléphants en contre-jour

Nos yeux vont assister à un véritable défilé d’animaux : springboks, zèbres, phacochères, girafes, éléphants

Nous étions là, assis. Plutôt bien.
Eux venaient chercher de l’eau, juste pour survivre.

Mais pas seulement.

Scène de vie sauvage : la leçon des éléphants

Au moment où une partie du soleil disparaît sous l’horizon, un groupe d’éléphants, composé de 4 ou 5 individus, s’abreuve paisiblement.
Un mâle de taille moyenne, probablement encore adolescent, commence à s’agiter dans son coin.
Subitement. Sans raison apparente.

Il fonce vers un autre mâle, un peu plus grand, et lui fait face.
L’attaqué semble rester insensible à la provocation du « gamin ».
Le « petit », lui, est vraiment énervé. Il s’agite, tourne sur lui-même, soulève un nuage de poussière et émet des barrissements à plusieurs reprises.
Le calme de son aîné l’excite encore davantage.

C’est alors qu’intervient le plus grand du troupeau, avec des défenses imposantes.
Tranquillement, il vient faire face au « gamin ».
Celui-ci est totalement débordé par ses hormones.

En une seconde, puissamment et dans un bruit sourd, le « chef » plante sa défense gauche dans la tempe du « gamin ».
Dans cette position, avec une défense plantée dans le front, les deux géants ne bougeront pas pendant un moment qui me semblera une éternité.

Enfin.
Le « chef » relâche son étreinte.
Le « gamin » fait quelques pas en arrière.
Un filet de sang s’échappe de sa tempe.
Pas calmé, mais désormais choqué, il quitte la scène au pas de course sur une série de barrissements plaintifs.
Ce soir-là, il ne réapparaîtra plus.

Il a peut-être appris une leçon : la patience.

Bilan : une fin parfaite et humaine

Nous avons aussi été patients ce matin pour cette dernière expédition. Nous avons eu une belle récompense avec notre rhinocéros et la lionne.
L’après-midi a été la cerise sur le gâteau de ce safari autonome de trois jours dans le Parc national d’Etosha : un spectacle vivant sur fond de coucher de soleil africain.

Cette dernière journée dans le parc a été bien équilibrée. Entre la petite sortie 4×4 le matin et l’après-midi plus calme.
Si je recommençais, je partirais la matinée accompagné d’un guide pour le safari.
Au final, cette étape a été une respiration bienvenue avant de poursuivre ce road trip à travers la Namibie.

En rentrant dans Etosha, j’avais les habits d’un homme moderne.
Trois jours après, j’en ressors profondément humain.

Ne ratez rien ! Abonnez-vous à la newsletter pour suivre la suite de nos aventures

Jour 6 : D’Etosha au Damaraland, changement de décor

Départ : Okaukuejo (Parc d’Etosha)
Arrivée : Vingerklip Lodge (Damaraland)

Distance : ±230 km (dont ±65 km de piste)
Temps de route : ±2h15 (hors arrêts)

Arrêts :

  • Outjo (retrait d’argent NAD)
  • Outjo Bakery (pause café + achat snacks))

Carburant :

  • Station à Okaukuejo
  • Station à Outjo

Objectif : Quitter le Parc d’Etosha et ses paysages de savane pour rejoindre le Damaraland, en arrivant suffisamment tôt au Vingerklip Lodge afin de profiter du site et découvrir une autre facette de la Namibie.

Quitter Etosha, ouvrir un nouveau chapitre

Un premier bloc de voyage se termine avec ces trois jours dans le Parc National d’Etosha.
Le suivant nous conduit vers le Damaraland.

Le paysage va véritablement changer de peau.
La savane et les animaux vont faire place aux formations géologiques.
Le Vingerklip sera le décor de notre première étape dans le Damaraland, l’une des régions les plus spectaculaires de Namibie.

Route vers Outjo : transition en douceur

Un des avantages de loger à Okaukuejo, c’est de rejoindre rapidement la porte Anderson.
C’est par celle-ci que nous laisserons définitivement Etosha derrière nous.

Environ 200 km nous séparent du Vingerklip. Une journée de route plutôt calme.
La C38 nous conduit vers Outjo. Arrêt ravitaillement : carburant, provisions et visite obligatoire à l’Outjo Bakery. Les snacks allemands font la réputation de l’endroit. Les fauteuils en cuir nous convainquent d’y ajouter un café.

Vers le Damaraland : la route se transforme

Snacks sous le bras, on reprend la route par la C39.

Le décor évolue. Lentement d’abord. Les plaines infinies font place à un paysage ondulant.

Paysage de road trip en Namibie avec une route goudronnée serpentant à travers la savane et les collines.

En quittant la C39 pour la D2743, retour sur la piste. Sur le bord de la route, une table couverte d’objets artisanaux. Quelques locaux nous regardent passer. Isabelle et moi faisons la promesse de nous arrêter le lendemain sur le retour.

Le paysage s’emballe. Par endroits, on roule dans un canyon.

L’horizon accepte d’être barré par de gigantesques massifs rocheux aux parois verticales, surmontés d’une plateforme plate. Comme poussés de dessous par une main invisible.

Monument Valley. Sans les cow-boys.
À couper le souffle.

Le Vingerklip Lodge : coup de cœur

Et puis le Vingerklip apparaît. Tel un doigt tendu vers le ciel. Sa vue me laisse perplexe. Interrogatif. Sans réponse.

Paysage de savane aride en Namibie avec le célèbre Doigt de Dieu (Vingerklip) en arrière-plan

Dès notre arrivée, je suis transporté par l’endroit. Vue à 360°, terrasses multiples, intimité, propreté, chambre spacieuse, terrasse privée. Ce Vingerklip Lodge sera mon hébergement coup de coeur du voyage.

On déguste nos snacks allemands sur la terrasse. Le Vingerklip en arrière-plan. On n’avait pas prévu ça.

Marcher jusqu’au Vingerklip

Une balade figure sur le plan remis à l’arrivée. Elle conduit droit vers le Vingerklip. C’est celle-là qu’on choisit.
1 h aller-retour sous une chaleur étouffante. Une grimpette raide. Et la récompense de poser la main dessus.

De près, il écrase tout.

Protégés par son ombre, Isabelle et moi resterons assis là un long moment. Muets. Comme dans un moment improvisé de méditation.
Quelques rapaces, en mode planeur, viendront briser le silence. La civilisation est imperceptible ici.

Retour au lodge : simplicité et imprévus

De retour au lodge, en sueur, un rafraîchissement s’impose.

« Fred, je crois qu’il n’y a pas d’eau chaude. »

Isabelle avait raison. Belle salle de bain. Eau froide. On se satisfera d’une douche revigorante. Le mot est faible.
Et malgré ce petit couac, mon avis reste inchangé sur ce lodge.

Dîner suspendu au Eagle’s Nest

J’avais réservé le dîner au Eagle’s Nest. Un restaurant perché sur un énorme bloc granitique dominant le site.
Dix minutes de marche au tomber du jour. Puis un escalier métallique en colimaçon. Gare au vertige.

Ma liste de souffles coupés est déjà longue en Namibie. Il faut y ajouter celui-là.
Vue ouverte et lointaine. D’énormes blocs rocheux sortis du sol. La couleur jaune orange des derniers rayons frappant leurs parois.

Un verre de Campari Orange en main, avec Isabelle, sans rien dire, juste des sourires, nous étions conscients de cet instant rare. L’odeur de la viande grillée venait s’ajouter à la vue.

Nous étions une vingtaine de privilégiés. Un des cuisiniers présenta le buffet dans sa langue à clics. Toute l’assemblée pouffa de rire.
Une soirée rare.

Bilan : le Damaraland frappe fort

La vie sauvage d’Etosha est derrière nous.
Pourtant.

D’entrée de jeu, le Damaraland nous attaque. Armé de ses paysages et de ses décors.
C’est un combat inégal. Il nous prend par les sentiments.

Jour 7 : Du minéral à l’histoire, immersion en Damaraland

Départ : Vingerklip
Arrivée : Twyfelfontein (Damaraland)

Distance : ±165 km (dont ±100 km de piste)
Temps de route : ±2h (hors arrêts)

Arrêts :

  • Petrified Forest (arbres fossilisés)
  • Twyfelfontein (site de gravures rupestres)

Carburant : Station à Khorixas

Objectif : Poursuivre la découverte du Damaraland à travers deux de ses sites majeurs et s’installer pour deux nuits au coeur de cette région minérale et sauvage.

Un réveil suspendu au-dessus du monde

Le lever de soleil en Namibie n’est jamais banal.

Un léger voile de lumière traverse la chambre. Mes pensées ne sont pas encore très claires. Je quitte le lit. Je traverse cette chambre si confortable et douillette, un vrai nid.

J’ouvre la porte.

Sans transition.

À mes pieds : le vide. L’espace. La lumière. Le sauvage.
Un mélange de brutalité et de douceur. Tellement grisant.
Sur cette crête, j’ai l’impression d’être seul au monde.

Aube spectaculaire au Vingerklip Lodge avec vue panoramique sur les montagnes de la vallée de l'Ugab."

Quitter le Vingerklip, non sans un pincement

D’un paysage à un autre, du minéral à l’histoire, voilà la nourriture de notre journée avec la poursuite de notre exploration du Damaraland.

Nous quittons le Vingerklip Lodge à regret. Avec les excuses sincères du patron. Visibles également sur la facture.

Rencontre imparfaite avec les artisans locaux

Assez rapidement, nous recroisons les locaux aperçus la veille. Comme promis, on s’arrête.

Une grande table. Des objets partout. Dans tous les sens.
Quatre dames et un jeune homme tiennent la boutique.

Isabelle craque sur deux objets. Posés l’un à côté de l’autre.

La dame la plus proche annonce le prix.
Ok, à l’achat. On paie cette dame.

Nos premiers souvenirs.

Pourtant, on n’avait pas tout compris.

Le jeune homme et les trois autres dames nous demandent aussi d’acheter chez eux. Ils sont insistants.

Chaque dame, ainsi que le jeune homme, avait son morceau de table , avec ses propres objets .

On s’en va. Maladroitement.

Ce n’était pas une table commune.
C’était leur bout de vie à chacun.
On aurait dû le sentir.

La route comme fil rouge du voyage

La tête encore ailleurs, nous reprenons la C39.

Arrêt ravitaillement pour la Jimny à Khorixas.

Visiter la Namibie, c’est accepter de vivre une partie importante du voyage dans un véhicule.
Y consacrer beaucoup d’heures.

Cependant, ce n’est jamais long.

La route est une histoire.
Comme dans un livre.

Après chaque virage, vous tournez la page.
Le paysage change.
Un nouveau chapitre commence.

Petrified Forest : le temps figé

Nous arrivons à Petrified Forest avec son parking aisé et ombragé.

Nous démarrons la visite avec un guide, très compétent et pas avare en explications.

Il nous montre une Welwitschia .

Nous sommes en admiration devant cette plante. Elle peut vivre jusqu’à deux mille ans.
Celle-ci n’a que quelques dizaines d’années.

Plante Welwitschia mirabilis, espèce endémique et millénaire du désert du Namib, photographiée lors d'un road trip.

Comment fait-elle pour survivre dans cet environnement alors qu’Isa et moi grimaçons déjà au bout de vingt minutes ?

Tout en poursuivant la visite sur ce site entièrement exposé, le guide nous explique qu’il travaille ici l’été sous 45°.

Et puis ces arbres.

Ils fascinent autant qu’ils intriguent.
Ils questionnent autant qu’ils passionnent.

Présents depuis quelques millions d’années, le temps les a recouverts de sédiments, les transformant peu à peu en une sorte de roche.

Stupéfiant.

Twyfelfontein : marcher dans l’histoire

Prochain arrêt : Twyfelfontein , rendu célèbre pour ses gravures rupestres.

On enchaîne la C39 puis la D2612.

Les derniers kilomètres de piste avant Twyfelfontein sont inoubliables.

La Jimny avance dans un décor cinématographique.

Road trip en 4x4 dans le Damaraland, Namibie, sur une route de gravier infinie sous un ciel bleu.

Le rouge et le noir sont les acteurs de la scène.

Ici, le scénario est écrit depuis la nuit des temps.

Silence… On tourne !

Twyfelfontein.

Les gravures rupestres.

De nouveau accompagné par un guide intéressant.

Il nous emmène pour une balade à travers d’énormes blocs de grès rouge.

Une balade un peu technique, mais surtout suffocante.

On retrouve vite nos esprits quand le guide nous place face aux premières gravures.

Elles sont encore nombreuses et dans un très bon état. Certaines couleurs restent étonnamment vives.

Accompagnées des explications de notre guide, elles deviennent fascinantes à observer et à essayer de comprendre.

Pendant quelques instants, mon esprit s’échappe.

Téléporté quelques milliers d’années plus tôt, j’imagine des hommes et des femmes, ici à ma place, gravant ces dessins sous un soleil intense.

Bien plus que la gravure, c’est le partage , la transmission , qui m’émeut.

Dormir au cœur du désert

Après cette visite, nous arrivons rapidement à notre hébergement : Twyfelfontein Adventure Camp .

Dans un paysage vaste et aride, au pied d’une colline de grès, se trouve notre tente.

Tente de safari surélevée avec terrasse en bois au Twyfelfontein Adventure Camp, nichée au pied des rochers rouges du Damaraland.

Deux chaises confortables sur une petite terrasse. Idéal pour se laisser prendre par le décor.

Un espace chambre petit mais suffisant.

Et une douche en compagnie des étoiles.

Une journée d’émotions supplémentaires.

Fin de journée : lumière et silence

Les visites du jour ne sont pas des incontournables absolus. Elles sont rapides, mais elles ont le mérite de diversifier le voyage.

Notre journée se terminera au sommet de la colline de grès qui protège le Twyfelfontein Adventure Camp.

On s’y retrouve pour partager un verre, dans une ambiance détendue et unique.

Chaque soir, avant de disparaître, le soleil vient embraser la vaste plaine de ses rayons jaune orangé.

Ce soir-là, on ne bouge pas.

On laisse faire.

Jour 8 : Éléphants du désert et rencontre avec le peuple Damara

Départ : Twyfelfontein
Arrivée : Twyfelfontein (Damaraland)

Distance : ±30 km
Temps de route : ±30 min (hors activités)

Arrêts :

  • Safari à la recherche des éléphants du désert
  • Damara Living Museum

Carburant :

Objectif : Poser les valises pour deux nuits au cœur du Damaraland et profiter d’une journée plus calme. Alterner entre rencontre avec la faune emblématique de la région, les éléphants du désert, et découverte culturelle au Damara Living Museum, tout en savourant la quiétude du camp et des paysages environnants.

À la recherche des éléphants du désert

Après s’être enrichis de l’histoire du Damaraland, place aux rencontres et à la culture locale avec la découverte du Damara Living Museum et un safari à la recherche des éléphants du désert qui peuplent la région.

Le Twyfelfontein Adventure Camp organise aussi des safaris mais, dans mon salon des mois plus tôt, j’avais coché ce qui me semblait être une pépite : Twyfelfontein elephant drive and campsites.

Quinze minutes de piste depuis notre tente pour atteindre le bureau de cette petite entreprise locale. Un rendez-vous matinal pour un safari qui tentera de trouver et d’observer les éléphants du désert.
Avec un couple de Français, nous montons à bord d’un Toyota Land Cruiser adapté à cet exercice.
Comme chaque matin, il fait frais, une bonne veste est nécessaire pour se protéger du vent.

Notre guide arpente la zone chaque jour au volant de son pick-up. Il semble connaître les habitudes de déplacement des éléphants dans ces vastes plaines tantôt caillouteuses, tantôt sablonneuses, parfois vides de végétaux mais ceux-ci ne sont jamais loin.

Il observe les empreintes… mais surtout la fraîcheur des bouses.
Les éléphants ne sont visiblement pas loin. Le soleil commence à faire son effet, on le ressent.

Première rencontre, puis la famille

Le 4×4 s’approche d’un mini village. À la sortie de celui-ci, enfin, notre premier éléphant. Dans une position inconfortable, la tête vers le ciel, la trompe tendue vers le haut tentant d’attraper une branche d’un arbre.

Éléphant sauvage du Damaraland se nourrissant dans la canopée d'un arbre lors d'un safari photo

Cette espèce est plus petite que celle des savanes et possède des pieds plus larges.
Une adaptation à son environnement aride.
Contrairement à l’éléphant de savane, il peut rester trois à quatre jours sans boire.

On l’observera quelques instants.
Mais notre guide a autre chose en tête : il veut trouver le groupe complet. On reprend la recherche, souvent bien secoués à l’arrière du Toyota.

Et puis. Les voilà.

Au pied d’une colline, entourée de végétation, une famille d’ éléphants.
À notre grande surprise et pour notre plus grand plaisir, un éléphanteau en fait partie. Il est né six jours plus tôt. Notre guide le voit grandir de jour en jour.

Une femelle éléphant du désert et son jeune éléphanteau marchant dans une plaine aride devant une colline rocheuse au Damaraland.

Observer, ressentir, s’attacher

Le groupe accepte facilement notre présence. Les éléphants du désert sont réputés plus calmes que leurs compères des savanes. Et cela se ressent vraiment car le pick-up est vraiment proche. Néanmoins, Isabelle et moi sommes un peu tendus. Le souvenir de la charge des éléphants à Etosha est encore bien présent dans nos mémoires.

Nous allons les suivre et les observer un long moment. L’éléphanteau est notre sujet favori, évidemment. Surtout qu’il n’en rate pas une. Tantôt il manque de trébucher, tantôt il se roule dans un trou de poussière pour son plus grand plaisir, et le nôtre aussi.

Bain de terre d'un éléphanteau sauvage en Namibie, comportement d'adaptation au climat aride.

Au bout de quatre heures de safari, nous devons rentrer et laisser cette famille en paix.

À nouveau, j’ai la sensation d’avoir vécu un moment privilégié et rare pour un homme occidental.

Retour au camp et pause

De retour au camp, nous allons déjeuner au calme, en échangeant nos plus beaux souvenirs de cette matinée. Le restaurant du camp est agréable, sa vue ouverte sur la plaine y est pour beaucoup. L’équipe sur place veille au grain, toujours avec le sourire.

Damara Living Museum : de l’hésitation à l’émotion

Le Damara Living Museum.
Une sorte de musée vivant.

Craignant l’aspect voyeuriste, j’étais hésitant. Est-ce que c’est comme un zoo humain ?

Isabelle me convainc.
« C’est juste à côté du camp, à distance de marche et c’est l’occasion d’en apprendre plus sur la vie locale, une expérience supplémentaire ! » me dit-elle.

Une immersion sincère

Trois minutes plus tard, nous passons l’accueil.

Nous sommes pris en charge par une dame du début à la fin. Elle nous fait visiter ce qui est une reconstitution de village local d’autrefois. D’après ce que j’aperçois, une vingtaine de personnes au moins sont appliquées à diverses tâches ancestrales.

Démonstration du travail traditionnel du cuir par un homme au Damara Living Museum en Namibie.

Toutes mes craintes disparaissent d’un coup. Je suis sous le charme de l’endroit. Les villageois jouent le jeu dans la bonne humeur. Ils nous emportent dans leur joie de vivre.

Les démonstrations sont finalement peu nombreuses mais ludiques et amusantes.

Le moment qui bascule

Après un moment, on nous fait nous asseoir.

Tous les villageois se regroupent au centre de la place. Et commencent à interpréter des chansons et danses africaines. Je ne m’attendais pas à ça. La chair de poule gagne tout mon corps. J’en avais presque les larmes aux yeux.

C’est comme si j’avais traversé l’écran d’une télévision et me retrouvais dans la scène.

50 ans de vie.
Et le film devient réel.

On rentre à la tente, encore chamboulés, quelques souvenirs sous le bras.
Ceux-ci joliment fabriqués sous nos yeux par les villageois.

Bilan : une journée forte

Un cadeau, cette journée.

Une matinée à suivre et observer des éléphants du désert.
L’énorme privilège d’assister à quelques moments de vie d’un éléphanteau dans son environnement sauvage.

La visite du Damara Living Museum.
De l’hésitation à l’émotion.

Nos deux jours dans cette partie du Damaraland ont été intenses. Pas en rythme, bien équilibré lui. Mais en émotions.

Le paysage sert de décor.
L’histoire est gravée dans la pierre.
Les éléphants en sont les témoins.
Les humains en sont les gardiens.

Jour 9 : Du Damaraland à Spitzkoppe, décor de cinéma en Namibie

Départ : Twyfelfontein
Arrivée : Spitzkoppe

Distance : ±220 km
Temps de route : ±3 h (hors arrêts)

Arrêts :

  • Déjeuner au Cactus and Coffee Tea Garden (Uis)

Carburant : Uis

Objectif : Terminer la traversée du Damaraland en direction du massif granitique du Spitzkoppe. Une journée de piste à travers des paysages arides avant de rejoindre l’un des sites naturels les plus spectaculaires de Namibie, réputé pour ses formations rocheuses et ses panoramas impressionnants.

Trois stylos, trois sourires

« Isa, regarde les trois gamins à gauche, comme ils ont l’air sympas, ils nous disent bonjour dans de grands gestes.
Tiens, arrête toi là. On va leur donner des stylos que l’on a emportés avec nous. »

Isabelle arrête la Jimny en bord de piste. J’ai à peine le temps de baisser la vitre que les trois petits gars sont déjà là, collés à la portière. Une bonne dizaine d’années chacun, une bonne bouille et trois énormes sourires. Je leur demande s’ils veulent un stylo. Excités, bondissant sur place, ils répondent en chœur : « yessssss ».
Fiers et heureux, exhibant leurs trophées, ils se collent l’un à l’autre et commencent à nous chanter une chanson.

Ému, émerveillé, j’ai malgré tout le réflexe de plonger sur mon Fuji. Je leur demande si je peux les prendre en photo. Ils acceptent bien volontiers et se remettent à chanter encore plus fort.

Rencontre avec les enfants du Damaraland lors d'un voyage en Namibie, moment de partage et de sourires.

De toutes les photos de ce voyage de folie, c’est de loin celle qui m’est la plus chère.

Une journée qui démarre fort

Il y avait peu de temps que nous avions quitté notre camp de Twyfelfontein par la D2612. Une journée presque exclusivement de piste pour rejoindre un autre géant du Damaraland : le massif du Spitzkoppe.

Cette journée débutait sur les chapeaux de roues avec cette rencontre simple et insouciante. Trois stylos qui font la journée de ces petits gars.

Malgré la difficulté de certains passages de piste, l’ambiance était au beau fixe dans la voiture, ces trois énormes sourires en tête.

Vue depuis l'intérieur d'un 4x4 sur une piste de sable et de gravier rectiligne traversant la savane aride du Damaraland

Pourtant, la bonne humeur allait rapidement nous quitter.

Choc sur la route vers Uis

Quelques dizaines de kilomètres avant la ville de Uis, sur la C35.

De part et d’autre de la route, en ordre dispersé, des tentes ou quelque chose qui y ressemble, avec des hommes, des femmes, des enfants. Subissant les nuages de poussière soulevés par les voitures roulant à vive allure.

Tout à coup, courant vers nous, un homme brandissant bien haut un bidon d’eau. Sa peau n’était plus noire, elle était grise. On s’arrête.

« Avez-vous quelque chose à manger ou à boire ? J’ai deux enfants là-bas. »

Je me retourne et je vois qu’il reste quatre grandes bouteilles d’eau à l’arrière de la Suzuki. Je lui en donne trois. Nous lui disons que nous n’avons rien à manger. Je lis une terrible déception sur son visage.

Lentement, Isabelle redémarre la voiture. Et dans un éclair de lucidité ou de folie ? Le visage de l’homme s’éclaire d’un grand sourire en nous indiquant les bouteilles d’eau. Il nous crie : « Thank you« .

Bien sûr, depuis notre arrivée en Namibie, nous avons aperçu un tas de villages composés exclusivement de baraquements en tôle. Pour autant, les personnes croisées ne semblaient pas en détresse. Au contraire de cette zone. Pour beaucoup, c’est seulement une toile dressée entre deux arbres qui les protège.

La rencontre qui bouleverse

Quelques minutes plus tard, une jeune femme débouche du côté droit de la route. Probablement adolescente, seins nus, la coiffure particulière et la peau légèrement rougeâtre. Fort probablement une Himba.

Son comportement indiquait clairement de la détresse.

Isabelle s’arrête et descend sa vitre.

La jeune femme :
« Blanket ? »

Elle balayait du regard tout l’intérieur de la voiture. Avant et arrière.

Elle nous répète :
« Blanket ? »

Isabelle et moi sommes confus. On se regarde, interrogatifs. Ni Isa ni moi ne nous souvenions de la signification du mot « blanket ».

Impuissant, j’attrape la dernière bouteille d’eau et la lui donne.

On s’excuse auprès d’elle en lui disant que nous n’avons que cette bouteille à lui donner.

Lentement, Isabelle redémarre.

Et comme le monsieur plus tôt, son visage s’illumine et, en souriant, elle nous envoie un grand « thank you ».

Dans la voiture, des larmes aux yeux, plus aucun mot ne sortira de nos bouches durant de longs kilomètres.

Comprendre trop tard

Uis. Petite ville qui semble survivre grâce à ses carrières.

Cactus and Coffee Teagarden nous servira de pause déjeuner. L’enchanteresse terrasse remplie de cactus nous remontera un petit peu le moral.

Le mot « blanket » nous suit depuis tout à l’heure. Grâce à la connexion internet sur place, j’utilise le traducteur de mon smartphone.

Le mot « couverture » apparaît sur mon écran.

Elle avait froid.

Comme la douche que l’on se prend sur la tête à cet instant là.

Reprendre la route autrement

Nous faisons le plein à la sortie de la ville. On décide de profiter du shop de la station pour acheter des bouteilles d’eau et quelques aliments secs pour d’éventuelles autres rencontres à venir.

On ne peut rien faire de mieux.

L’apparition du Spitzkoppe

Pendant de longs kilomètres, nous ne regardons même plus le paysage.

Puis, au loin, une énorme masse rouge surgit de l’horizon.

Le Spitzkoppe.

Le massif du Spitzkoppe, surnommé le Cervin de Namibie, s'élevant au-dessus d'une plaine désertique du Damaraland.

La vue de ce massif nous ramène au présent.

L’arche, symbole du lieu

Directement après avoir réglé les droits d’entrée de la réserve, avec l’aide d’un plan, nous prenons la direction de ce qui fait la réputation de l’endroit : l’arche.

En chemin, nous croisons des campeurs préparant leur tente au pied d’énormes cailloux rouges. Le camping a tout du spectaculaire ici.

On se gare à côté de la seule voiture déjà présente. Le site est désert.

Trouver cette fameuse arche demande un peu d’effort. Savoir bien lire un plan mais surtout pouvoir escalader d’énormes cailloux, bien plus gros que notre 4×4.

Enfin nous la trouvons.

Le célèbre Rock Arch du massif du Spitzkoppe, une merveille géologique incontournable du Damaraland en Namibie.

Étrange. Curieuse.

On dirait qu’une main géante a posé délibérément ces grosses roches là, pour notre plaisir.

Sur fond de ciel bleu, toute de rouge vêtue et éclairée par une lumière déclinante, une envie frénétique de photographier ce curieux hasard me prend.

Hébergement : la déception

Déjà temps de quitter l’endroit pour nous rendre à notre hébergement du soir : Spitzkoppe Tented Camp and Campsites.

Autant le dire tout de suite.

La déception du voyage.

L’accueil est banal, voire froid.

Le chalet, vu de l’extérieur, n’est pas des plus sexy. L’intérieur est vraiment basique et tristounet. La toile est éventrée par endroits. La porte d’entrée ne ferme pas à clé.

Exemple d'hébergement en tente safari dans un lodge du Damaraland, une expérience immersive en Namibie

Je remarque aussi la tête des mauvais jours d’Isabelle.

« Tu as vu les matelas ? Ils ont terminé leur carrière depuis un bon moment. Et une seule couette toute légère… on va pouvoir dormir habillés cette nuit. »

La vue depuis la terrasse est superbe, le Spitzkoppe dans toute sa splendeur. Bon, il y a seulement une chaise de prévue.

Je savais que ce ne serait pas à la hauteur des autres étapes. Je ne m’attendais pas à un tel écart.

Isabelle m’en voulait.

Pas d’autre solution sous la main.

Heureusement, elle retrouva un peu de bonne humeur avec le repas. Simple mais correct.

Quant à la nuit : catastrophique.

Une nuit difficile

Tout habillé sous la couette, je mourais de froid. Le village voisin a fait la fête une bonne partie de la nuit. Et quand il s’est enfin tu, les damans ont pris le relais sous le chalet.

Bilan : une journée contrastée

Cette étape a été faite de hauts et de bas.

Des rencontres inattendues provoquant des émotions extrêmes en peu de temps.

Notre hébergement du soir était un mauvais choix. Je l’assume complètement.

De toute évidence, je ne retournerai pas à cette adresse.

Je me donnerais aussi plus de temps pour la visite du Spitzkoppe. J’ai le sentiment d’avoir bâclé cette visite. Je quitte l’endroit avec un peu de frustration.

Pourtant, ce n’est pas la frustration de la visite du Spitzkoppe qui a marqué ma journée. Ni ce chalet inconfortable.

Non.

Ce que je retiens de cette journée, c’est ce papa et cette jeune femme, réellement en détresse, qui nous offrent un énorme sourire de gratitude pour seulement un peu d’eau.

Jour 10 : Swakopmund et Walvis Bay, entre désert et océan

Départ : Spitzkoppe
Arrivée : Walvis Bay

Distance : ±160 km
Temps de route : ±2h (hors arrêts)

Arrêts :

  • Déjeuner à l’Oasis Goanikontes
  • Point de vue Moon Landscape
  • Swakopmund (mini balade en ville, jetée, goûter au Doughnut Bar)
  • Dîner au Rojo Pub & Restaurant, Walvis Bay

Carburant : Station à Arandis

Objectif : Traverser le Moon Landscape et profiter d’une pause déjeuner dans un oasis. Découverte rapide de Swakopmund avant de rejoindre Walvis Bay pour deux nuits en front de mer.

Du désert à l’océan

Des poussières rouges du Spitzkoppe aux vents océaniques de Walvis Bay, en passant par l’inhospitalier décor du Moon Landscape. Une journée de road trip namibien courte et pourtant si contrastée dans ses paysages.

Changement de région

Nous quittons le Damaraland pour entrer dans la région de l’Erongo.

Un peu de piste depuis le Spitzkoppe et nous voilà sur le bitume de la B2 qui nous emmène vers Swakopmund. Quelques dizaines de kilomètres avant la ville océanique, peu après Arandis, nous bifurquons à gauche. De suite, une piste.

Un 4x4 Suzuki Jimny beige roulant sur une piste de gravier vers le Moon Landscape, un désert de collines érodées en Namibie.

Le Moon Landscape : un décor à part

Rapidement, l’atmosphère se transforme. Le décor lumineux laisse place à une vision austère, inhospitalière. Des vallées et petites collines habillées de gris et de noir forment un paysage de désolation : le Moon Landscape.

La piste nous plonge dans une vallée. Sans transition.

L’oasis de Goanikontes

Des ténèbres, nous voilà dans une sorte de jardin d’Eden.

Pas d’erreur possible : nous voilà à notre premier arrêt du jour, l’oasis de Goanikontes. Ses gigantesques palmiers et son atmosphère humide dénotent avec l’environnement qui l’encercle. De vieilles carcasses de voitures américaines forment une partie du décor.

C’est dans cette ambiance désuète mais charmante que nous déjeunons, sous le regard et les pépiements de petits oiseaux au plumage jaune vif.

Points de vue sur un paysage lunaire

La Jimny nous fait sortir de cette mini vallée verdoyante par une longue ascension caillouteuse et surtout poussiéreuse. Isabelle et moi comprenons que les paysages précédant l’oasis n’étaient qu’une mise en bouche. Le plat principal arrive seulement.

Un 4x4 soulevant la poussière sur une large piste de sable blanc traversant un canyon aride en Namibie.

D’une route dominant toute la région, différents points de vue numérotés permettent de garer la voiture et de profiter de vues spectaculaires sur ce Moon Landscape.

Cet endroit n’est ni beau ni laid.

Mais il m’attire.

Je ne me pose pas de questions face à ce paysage. J’ai l’impression que c’est lui qui m’interroge.

Le Paysage Lunaire (Moon Landscape) près de Swakopmund, un site géologique fascinant dans le désert du Namib.

Swakopmund : ambiance allemande

Swakopmund. Station balnéaire aux allures allemandes.

Nous garons la voiture en front de mer, à quelques pas de la jetée.

À peine stationnés, des vendeurs tournent déjà autour de la Suzuki. Deux gars. Pas l’air bien méchants. Ils nous mettent le grappin dessus dès que nous sortons de la voiture. On leur achète chacun un petit objet gravé à la minute, avec nos prénoms. L’un des deux nous propose de surveiller la voiture durant notre balade. J’accepte et le paie.

Entre méfiance et découverte

J’avais prévu un petit tour du centre-ville pour découvrir les anciens bâtiments et humer en même temps l’atmosphère de la ville.

On est clairement sur nos gardes. On marche un peu raides. Nos préjugés nous précèdent.

Pourtant, le centre-ville est aéré, coloré, propre, vivant. On passe devant le joli Hohenzollernhaus. Ainsi que le Woermannhaus.

Notre niveau d’anxiété baisse un peu.

L’océan et la jetée

Retour vers l’océan qui nous apparaît entre deux belles bâtisses. Nous traversons une allée clinquante bordée de palmiers avant de faire quelques pas sur la plage.

Un couple d’amoureux se balade. Des gamins tapent dans une balle. L’atmosphère est sereine et apaisante. L’océan, lui, envoie quelques beaux rouleaux.

Surveillés de près par les cormorans, nous empruntons la jetée. Au bout de celle-ci, je me retourne pour observer le front de mer de Swakopmund.

J’ai juste le temps d’apercevoir une colonne de flamants roses en vol au-dessus des bâtiments colorés du front de mer.

Faune et architecture à Swakopmund : flamants roses survolant la côte atlantique en Namibie.

Un moment d’une banale simplicité mais d’une telle beauté.

Cet endroit est tellement différent de la Namibie que nous parcourons depuis près de dix jours.

Pause face à l’Atlantique

À l’entrée de la jetée, posé sur celle-ci, le 1877 Doughnut Bar. Nous dégustons un café et une douceur en observant, sous nos pieds, les vagues s’échouant sur la digue dans un bruit assourdissant.

La célèbre jetée de Swakopmund (The Jetty), monument historique et lieu de promenade incontournable en Namibie

Petite désillusion

Décidément, les expériences s’enchaînent mais ne se ressemblent pas.

Retour à la voiture où notre gardien a pris la clé des champs. L’autre vendeur, toujours présent, dit avoir fait le boulot à sa place. Résigné, je mets la main à la poche.

Walvis Bay : nouveau décor

Trente kilomètres plus loin, au cœur de la lagune de Walvis Bay.

Notre hébergement pour deux nuits : Aha Cheers Guesthouse.

J’avais choisi Walvis Bay pour sa proximité avec Sandwich Harbour, sa lagune et ses flamants roses. En franchissant la porte de la chambre, j’ai vu le visage d’Isabelle s’illuminer. La mimique était bien différente de la veille. Ouf.

Fin de journée en douceur

Rapidement, j’explore la lagune toute proche. Le quartier est coquet, verdoyant. Une digue ombragée de palmiers, empruntée par de nombreux joggers.

De retour sur la terrasse avec Isa.

Le vacarme étrange des flamants roses.

Des centaines de flamants roses se reflétant dans les eaux calmes du lagon de Walvis Bay en Namibie sous une lumière dorée.

Un léger vent océanique.
Et ce soleil… qu’il se couche dans l’océan ou la savane, il réchauffe toujours le cœur.

Dîner et relâchement

J’avais réservé au Rojo Pub and Restaurant, à l’autre bout de la lagune. On y va à pied.

Un peu anxieux au départ.

Moins au retour.

Les huîtres de Walvis Bay y sont pour quelque chose.
Le vin sud-africain aussi.

Jour 11 : Sandwich Harbour, là où désert et océan se rencontrent

Départ : Walvis Bay
Arrivée : Walvis Bay

Distance :
Temps de route : Journée complète d’excursion guidée

Activité :

  • Excursion guidée vers Sandwich Harbour avec Turnstone Tours

Carburant :

Objectif : Explorer l’un des paysages les plus spectaculaires de Namibie : les immenses dunes du désert du Namib plongeant directement dans l’océan Atlantique.

Au sommet des dunes

« Descendez ici. On se retrouve dans trente minutes là-bas, en bas ! »

Rudi, notre guide, venait de nous jeter en bas du 4×4 au sommet d’une des plus hautes dunes. Le soleil était pratiquement à son zénith. Il tapait fort, mais le vent qui nous balayait le visage masquait la sensation de chaleur. C’était vicieux. Ça promettait un beau coup de soleil ce soir.

Face à l’immensité

Perché sur la crête d’une dune.
Tout autour de moi, du sable. Mon horizon n’est que vallons et collines de sable. Rien d’autre.

Je pivote sur moi-même et l’horizon change de matière.

L’océan à perte de vue.

Un peu sur ma gauche, un banc de sable qui s’allonge vers la mer, formant une sorte d’abri naturel : Sandwich Harbour.

Je rejoins Isabelle. Plantée là, bouche bée.

On ne sait que penser de cet endroit. Terrifiant et attirant comme un aimant. Aucun repère connu. Une merveille de Mère Nature.

Le derrière enfoncé dans le sable, nos regards hésitent.
Le bleu de l’océan ou le jaune des dunes ?

Un choix de luxe.

Départ de Walvis Bay

Quelques heures plus tôt

Rudi nous prenait au pied de notre chambre. Nous passerons la journée avec lui et une jeune femme hollandaise, sympa, en mission professionnelle dans la région.

Sortis de Walvis Bay, nous longeons des marais salants. Rapidement, le bitume fait place au sable.

Premières sensations en 4×4

Au volant de son 4×4 en mode manuel, on sent que Rudi a de la bouteille pour la conduite sur sable.

Expérience de conduite en 4x4 à Sandwich Harbour, rencontre entre le désert du Namib et l'océan Atlantique

Le paysage est plat au départ mais, rapidement, les dunes prennent de l’intensité et du volume.

On s’enfonce un peu plus dans celles-ci. Elles sont maintenant bien marquées. Rudi nous fait découvrir une famille de springboks, acclimatée aux rudes conditions de vie du désert. Étonnant.

Notre pilote nous balance d’une dune à l’autre.
De collé au siège à la tête dans le pare-brise. J’ai la nette impression d’être dans les montagnes russes d’un parc d’attractions.

Entre dunes et océan

Nous ressortons des dunes sur la plage et poursuivons un moment sur celle-ci. Le 4×4 a toute la place : la marée est plutôt basse.

Les dunes défilent. Elles prennent de la hauteur surtout. Beaucoup de hauteur.

Rudi nous fait sortir de la plage par une dune « moins » haute. C’est reparti pour un tour de montagnes russes, en mode adulte cette fois.

Au-delà des voltiges, l’environnement est splendide. Je sens pourtant un peu de frustration en moi. C’est sympa, les montées et descentes de dunes, mais j’aimerais en profiter réellement hors du 4×4.

Vœu exaucé quelques instants plus tard.

Enfin seuls face au désert

Rudi nous dépose au sommet d’une énorme dune. On doit le rejoindre tout en bas, sur la plage, trente minutes plus tard pour prendre le déjeuner.

Un 4x4 blanc garé au sommet d'une dune de sable géante surplombant l'océan Atlantique à Sandwich Harbour.

Finalement, on le méritera ce déjeuner.

Descendre la dune

Monter une dune n’est certainement pas facile… mais en descendre non plus.

C’est un sol mou. On s’y enfonce profondément. Heureusement, la pente à cet endroit n’était pas trop raide.

Déjeuner face à l’océan

Rudi avait installé des sièges. Une petite table était remplie de victuailles toutes plus appétissantes les unes que les autres.

À perte de vue, d’un côté l’océan, de l’autre des dunes démesurées.

Une plage gigantesque.

Quatre êtres vivants.

Traces de pneus de 4x4 sur une large plage de sable bordée par l'océan Atlantique et de hautes dunes à Sandwich Harbour

Se fondre dans le décor

Je serais incapable de vous dire ce que j’ai mangé ce jour-là. Ce n’était plus du sang qui coulait dans mes veines mais un mélange d’eau et de sable.

C’est comme si j’étais devenu un élément de l’endroit.

Moments de grâce

Ça commença par une colonne de pélicans volant au-dessus de nos têtes. Une première pour moi d’apercevoir ça de mes propres yeux.

Rien à expliquer.

Un moment de grâce.

Observation de pélicans blancs en vol lors d'une excursion à Walvis Bay, faune sauvage de Namibie.

Le coup de grâce : les dauphins

Rudi marchait au bord de l’eau. Dans de grands gestes, il nous crie :

« Frédéric ! Isabelle ! »

Et montre l’océan.

À quelques mètres de la plage, trois dauphins chassaient.

On les observe.

En silence.

Quelques minutes.

Puis ils disparaissent.

Je m’assieds dans le sable.
Les jambes ne me portent plus.

Rudi s’approche.

« Ça va, Frédéric ? »

« Oui… c’est l’émotion. »

« Je comprends. Cet endroit est spécial. »

Il s’éloigne.

Me laisse là.

Le retour

Sur le chemin du retour, nous aurons encore l’occasion d’apercevoir des pélicans. Cette fois, ils seront encore un peu plus proches. On aurait dit qu’ils nous saluaient en faisant quelques boucles au-dessus de nos têtes.

Nous apercevrons aussi furtivement un chacal. Se souciant peu de notre présence, il fonçait droit devant lui avec je ne sais quelle idée en tête.

Tentative en sandboard

Un peu plus tard, au sommet de ce qui ressemblait à un carrefour de hautes dunes, Rudi stoppe la voiture et sort une grande plaque en bois qu’il commence à lustrer.

« Alors, qui veut essayer la descente sur planche ? »

Les filles, pas motivées du tout.

Moi non plus.

Il insiste.

« Allez Frédéric, pour l’expérience ! »

Il avait raison. J’étais au bout du monde. Je devais tenter le truc.

Une minute plus tard.

Couché sur une minuscule planche, pente vertigineuse sous le nez, tibias relevés à la verticale.

Rudi me fait basculer.

Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur que j’étais déjà en bas.

Je relève ma carcasse de cinquante ans. Un peu honteux.

Plutôt fier quand même.

Remonter la dune, c’était une autre histoire.

Marée montante

Le retour sur la plage, au pied des dunes, était aussi une expérience différente du passage à marée basse du matin.

À cet instant précis, l’océan nous laissait juste la place suffisante pour passer.

Je n’étais pas à mon aise, plutôt même discrètement accroché à mon siège.

Certaines vagues venaient lécher les roues de la voiture, celle-ci coincée de l’autre côté par une montagne de sable.

La situation était impressionnante.

Mais notre Rudi, en vieux briscard, continuait d’être toujours aussi cool.

Il savait.

Dernière rencontre

Peu avant de rejoindre le bitume et de laisser le désert derrière nous, comme un dernier signe, nous croisons un phoque sur la plage.

Celui-ci accepte volontiers de jouer le modèle pour mon appareil photo.

Retour à Walvis Bay

Rentrés à Walvis Bay, nous profiterons de notre chambre et de la terrasse pour prendre un peu de repos.

Dîner face à l’océan

En soirée, nous dînerons , très bien , au restaurant The Raft. Posé sur pilotis, on a l’impression de manger les pieds dans l’eau, accompagnés toujours par ce fabuleux coucher de soleil africain.

Dîner au coucher du soleil à Walvis Bay : vue sur le restaurant The Raft depuis la promenade de la lagune.

Bilan de la journée

Le bilan de cette journée est clairement positif.

Nous aurions pu faire une demi-journée dans les dunes et une demi-journée d’excursion en mer au départ de Walvis Bay pour observer dauphins, otaries et pélicans.

Nous avons donné la préférence à un rythme plus lent.

La pause de midi nous a bien récompensés.

Même si nous n’avions pas aperçu les dauphins, l’heure passée là-bas nous aurait déjà offert l’essentiel : l’occasion de nous reconnecter à une forme de vérité et de simplicité.

Ne ratez rien ! Abonnez-vous à la newsletter pour suivre la suite de nos aventures

Jour 12 : Vers Sossusvlei, à travers le désert du Namib

Départ : Walvis Bay
Arrivée : Sesriem (désert du Namib)

Distance : ±325 km de pistes
Temps de route : ±4h15 (hors arrêts)

Arrêts :

  • Observation des Quiver Trees (M36)
  • Traversée du lit de la rivière Kuiseb
  • Traversée du lit de la rivière Gaub
  • Passage du Tropique du Capricorne

Carburant et déjeuner : Solitaire

Objectif : Traverser des paysages de plus en plus arides pour rejoindre le cœur du désert du Namib. Une longue journée de piste ponctuée de quelques haltes emblématiques avant d’atteindre Sesriem, porte d’entrée des célèbres dunes de Sossusvlei, point final naturel de ce voyage en Namibie.

Une bascule dans le voyage

Poursuite de la découverte de la Namibie, même si nous entamons la partie finale de ce périple.

Nous avons exploré la vie sauvage à Etosha.
Sauvages, les paysages du Damaraland l’étaient tout autant.
Et j’ose dire aussi que l’océan et les premières dunes du Namib, que nous quittons, m’ont sauvagement retourné la tête.

La tête devra pourtant rester efficace aujourd’hui.

Une journée exigeante

Plus de 300 kilomètres de pistes nous attendent pour relier Walvis Bay à Sesriem, porte d’entrée des dunes de Sossusvlei.

Départ de Walvis Bay

Nous quittons relativement tôt Walvis Bay et ses flamants roses.

La C14 est très calme. Nous croisons peu de véhicules.
C’en est presque déroutant.

Un 4x4 Suzuki Jimny de location Namibia2Go stationné sur la piste C14 rectiligne entre Walvis Bay et Sesriem, sous un ciel bleu intense.

Les Quiver Trees

Premier arrêt.

Pour deux raisons :
le point de vue est superbe,
et ce petit plateau abrite des Quiver Trees , arbres carquois en français.

On ne les trouve qu’en Namibie et en Afrique du Sud.
Ils appartiennent à la famille des aloès. Leur silhouette est étrange, presque irréelle, et leur écorce évoque des écailles.

J’étais impatient de découvrir cet arbre.
Les quelques spécimens présents ici ne m’ont pas déçu.

Un arbre carquois solitaire au tronc doré et à l'écorce écaillée se dressant dans un désert rocailleux sous un ciel bleu en Namibie.

Rivière Kuiseb : un décor brut

Quelques dizaines de kilomètres plus loin, nous franchissons le pont de la rivière Kuiseb.

À sec.

Et pourtant, à en juger par sa largeur, mieux vaut ne pas traîner ici lors de fortes pluies.

Le décor est entièrement minéral. Brut.
Et malgré cette austérité, chaque virage dévoile un panorama spectaculaire.

Panorama du canyon de la rivière Kuiseb lors d'un road trip en Namibie sur la route C14 vers Sesriem.

Changement d’ambiance

Le passage de la rivière Gaub marque un tournant.

Le paysage s’ouvre.
Le minéral laisse place à un décor plus désertique, plus lumineux.

Le Tropique du Capricorne

Un passage mythique.

On l’avait étudié à l’école, en culotte courte.
Ce n’est pas un lieu impressionnant en soi.
Un simple panneau.

Quelques minutes d’arrêt.
Une photo.

Sans doute l’arrêt le moins marquant du voyage.

Et pourtant.

Une forme d’accomplissement.

Passage du Tropique du Capricorne en Namibie : arrêt photo mythique sur la route entre Walvis Bay et Sesriem."

Solitaire : pause au milieu de nulle part

Plus loin, au croisement des C14 et C19 :

Solitaire.

Un mirage au milieu du désert.
Et après des heures de piste, cela fait du bien.

Le lieu porte mal son nom aujourd’hui.
Peu de monde sur la route… mais tout le monde semble être ici.

Entre carcasses de voitures, vieilles roulottes et pompes à essence d’un autre temps, l’ambiance est celle d’un bout du monde… étonnamment rassurant.

Pause déjeuner

Nous renonçons à la célèbre boulangerie McGregor’s, bondée,
et nous installons au Café Van der Lee.

À l’ombre.

Un déjeuner simple, mais salutaire.

La fatigue de la piste

La journée devient longue.

La fatigue de la piste s’installe.
Heureusement, les paysages continuent de nous tenir éveillés.

Arrivée au Desert Hills Lodge

Enfin, un panneau :

Desert Hills Lodge.

Au bout d’une longue piste, comme s’il fallait ajouter encore un peu de solitude à la solitude.

Accrochées à flanc de roche rouge, quelques huttes font face à un horizon infini.

Des cailloux partout.
Un décor presque lunaire.
Le vent comme seul compagnon.

Une fin de journée à part

Exactement ce qu’il fallait pour terminer cette journée.
Et approcher doucement la fin du voyage.

Hébergement de luxe au Desert Hills Lodge près de Sesriem : bungalows sur pilotis face au désert namibien

Jour 13 : Sossusvlei et Deadvlei, au cœur des dunes rouges

Départ et arrivée : Sesriem (Desert Hills Lodge)

Distance : ±160 km
Temps de route : ±2h (hors arrêts)

Arrêt principal :

  • Sossusvlei (Deadvlei, Big Daddy, dunes environnantes)

Carburant : Sesriem

Objectif : Découvrir l’un des sites les plus emblématiques de Namibie : les dunes de Sossusvlei. S’immerger au cœur du désert du Namib, marcher dans les plus hautes dunes du monde.

Le réveil

J’ouvre difficilement les yeux, il fait encore nuit noire.
Je tends le bras maladroitement pour couper cette fichue alarme de mon téléphone.
Quel idiot. J’ai dû oublier de la désactiver hier soir.

Et là.

Ça me revient d’un coup.
Le jour J.

Sossusvlei en tête

Deux secondes, c’est le temps qu’il m’a fallu pour passer du mode « légume » au garde-à-vous.

J’attendais cette journée.
Le cliché de la Namibie.
La photo que l’on voit partout.
Des arbres figés.
De gigantesques dunes de sable.

Sossusvlei.

Direction Sesriem

Réchauffés par les premiers rayons du soleil, excités mais aussi un peu interrogatifs, nous prenons la route vers Sesriem, porte d’entrée du parc.

Traversée du désert du Namib en 4x4 : route poussiéreuse et montagnes arides sous une lumière de début de journée.

Le droit d’entrée payé, comme souvent sans le sourire de l’agent.
Il nous reste encore une soixantaine de kilomètres.

Premières dunes

Très vite, des dunes apparaissent à l’horizon.
Très vite aussi, elles grandissent.

Les célèbres dunes de sable orange de Sossusvlei dans le parc national de Namib-Naukluft au lever du soleil.

La plaine se resserre, grignotée par le sable de chaque côté.
On a l’impression de se faire avaler.

Dune 45

Et puis, sur la gauche.

Une énorme dune.

Dune 45.

De petits points noirs se déplacent sur sa crête.
On dirait qu’elle a été dessinée au crayon.

La lumière du matin éclaire son versant Est, rouge ocre.
L’autre côté est encore plongé dans la nuit.

Un décor irréel

Les dunes défilent.

Je ne tiens plus.
Je dois m’arrêter.

Le décor est trop parfait.
Presque irréel.

Des lignes de crêtes partout.
Fines.
Parfaites.

Lumière d’un côté. Ombre de l’autre.
Un contraste saisissant.

Plus qu’une carte postale.
Une œuvre.

Panorama sur les dunes géantes du désert du Namib à Sossusvlei lors d'un safari photo.

Derniers kilomètres en navette

Nous arrivons au parking.

Nous choisissons la navette pour les derniers kilomètres.
Une sorte de remorque aménagée tirée par un tracteur.

En croisant plusieurs 4×4 ensablés, je me félicite d’avoir laissé la Suzuki.
Ces derniers kilomètres se font vraiment dans le sable. Une bonne expérience de ce type de conduite est nécessaire.

Big Daddy ou Big Mama

Le tracteur nous dépose enfin.
Le chauffeur nous indique les dunes à grimper : à droite, Big Daddy, la plus haute, plus de trois cents mètres ; à gauche, Big Mama, un peu plus accessible.

Ces monstres de sable sont encore à bonne distance de marche.

Isa décide d’escalader Big Mama, la « plus facile ».
Je choisis Big Daddy.

Pour l’expérience.

Début de l’ascension

Nos chemins se séparent. Nous nous retrouverons à Deadvlei.

Je continue mon chemin, apercevant Isabelle déjà engagée dans la montée de sa dune.

Mon tour arrive.

L’ascension commence gentiment. La pente n’est pas trop rude.
Ça ne durera pas.

Le sommet est comme un aimant. Je le cherche du regard très souvent.

La sensation est étrange. J’ai l’impression d’être en montagne, alors qu’ici, ce n’est que du sable à perte de vue.

Assez vite, les choses se corsent.
La crête apparaît. Elle devient mon guide jusqu’au sommet.

Marche d'approche sur les dunes de Sossusvlei : panorama sur le désert du Namib lors d'un voyage d'aventure.

L’effort

La pente se raidit, les pieds s’enfoncent, la respiration s’accélère.
Mes yeux enregistrent tout ce qu’ils peuvent de ce décor unique.

Seul face à la dune

Seul avec soi-même. Un pas après l’autre.
Ce n’est pas difficile. C’est un cadeau de la vie de vivre ce moment-là.

Un lézard m’accompagne un moment, avant de disparaître sous la surface brûlante.

Apparition de Deadvlei

Plus haut, Deadvlei apparaît.
Une immense cuvette blanche. Éblouissante.

Rencontre entre le désert de sel blanc et les dunes de sable rouge à Sossusvlei, l'un des paysages les plus célèbres de Namibie.

Rencontre avec l’oryx

Je distingue un mouvement en contrebas.

Un oryx.
Debout.
Calme.

Majestueux dans ce décor hostile.

Oryx solitaire et ses traces de pas dans les dunes de Sossusvlei, illustration de la survie animale en Namibie.

Le sommet

Après près d’1 h 30 de montée, j’atteins le sommet.

Je m’assieds.

Silence.

Des dunes à perte de vue.
Deadvlei tout en bas.

Isabelle est quelque part là-dessous.
Un point noir parmi d’autres.

Panorama depuis le sommet de la dune Big Daddy à Sossusvlei : vue imprenable sur le désert de sel blanc et les dunes infinies.

La descente

Monter Big Daddy est une chose, la descendre en est une autre.

Je pouvais redescendre par la crête.
J’ai préféré aller jusqu’au bout de l’expérience : dévaler le versant qui plonge directement sur Deadvlei.

Alors oui, la pente est abrupte.

Tout se passait bien… jusqu’à ce que j’accélère.

Allongeant les foulées, malgré les pieds qui s’enfoncent lourdement dans le sable, je prends de la vitesse.
Trop de vitesse.

Impossible de ralentir.
Mon corps est entraîné vers l’avant.

Je vois le blanc argileux arriver très vite.

Toujours debout, à bout de souffle, je dévale jusqu’en bas en me demandant ce qui vient de m’arriver.

Une chance : ni appareil photo ni smartphone en vue.
Mon honneur est sauf…

Deadvlei

Le choc.

Passer du sable mou à ce sol dur, presque bétonné, est brutal.

La lumière est violente.
Le blanc aveuglant.

Le sol ressemble à du carrelage fissuré.
Autour, des murs de sable gigantesques.

On se sent minuscule.

Le contraste spectaculaire entre le sable rouge du désert du Namib et la cuvette de sel blanche à Sossusvlei.

Les arbres figés

Je rejoins Isabelle, à l’ombre d’un arbre.

Enfin… de ce qu’il en reste.

Des silhouettes figées depuis près de 900 ans.
Conservées par l’absence totale d’humidité.

Retour par la Dune 45

En quittant Sossusvlei, nous nous arrêtons à la Dune 45.

Plus un seul visiteur.

Au pied de la dune, une table et un banc à l’ombre d’un arbre nous attendent pour la pause déjeuner.

Retour au lodge

De retour au Desert Hills Lodge, passage par le bar.

Je commande une bière.

— Petite ou grande ?
J’hésite.

Le barman me répond :
— Vous avez fait Sossusvlei ? C’est une grande bière qu’il vous faut.

Il avait raison.

Une petite déception

Une ombre au tableau cependant.

Notre vol en montgolfière prévu le lendemain matin est annulé.
Vents trop forts.

Pas le choix. On accepte.

Ce que je retiens

La Namibie m’a marqué.
Sossusvlei, lui, m’a transporté ailleurs.

Jour 14 : Dune Elim et canyon de Sesriem, derniers paysages du Namib

Départ et arrivée : Sesriem

Distance : ±65 km
Temps de route : ±1h (hors arrêts)

Arrêts :

  • Dune Elim
  • Sesriem Canyon

Carburant : Sesriem

Objectif : Dernière journée complète dans le désert du Namib. Le vol en montgolfière initialement prévu au lever du soleil étant annulé (vents trop forts), la journée se transforme en parenthèse plus calme, entre visites matinales et temps de repos au lodge.

Le bouquet final manqué

Ce matin, mes émotions sont partagées.
Ce vol en montgolfière au-dessus du Namib devait être l’apothéose de notre voyage.
Pour Isabelle et moi, cela aurait été notre baptême de l’air. Et pas n’importe où.

D’un autre côté, je ressens une sorte de soulagement.
J’étais mort de peur à l’idée de monter là-dedans…

Une journée réorganisée

Du vol en montgolfière matinal à l’escalade de la dune Elim et la découverte du canyon de Sesriem l’après-midi.
Cette dernière journée dans le Namib s’inverse pour se terminer de façon plus douce.
Ce n’est peut-être pas plus mal avant notre retour vers Windhoek le lendemain.

Retour dans le parc

De nouveau, nous rentrons dans le parc de Sossusvlei.
Pas besoin de rouler longtemps.
La dune Elim est proche de l’entrée.

Une dune plus accessible

Il n’y a personne à l’horizon.
Seulement un oryx qui nous observe à l’ombre d’un arbre.

Évidemment, après Sossusvlei et Big Daddy, Elim impressionne moins par sa taille.
Sa couleur rouge est aussi intense que celle de ses grandes sœurs, en tout cas.
Elle est aussi parsemée d’une végétation plus dense.

Monter Elim

On entreprend sa montée.
C’est évidemment plus facile et plus court.
Ses lignes de crêtes sont moins nettes, obligeant à changer constamment de trajectoire.

Randonnée sur la dune Elim de la réserve de Namib-Naukluft en Namibie : panorama spectaculaire sur le désert.

Le vent et le sable

L’élément en plus aujourd’hui, c’est le vent, bien présent.
Clairement, on mange du sable.

Mais nous assistons aussi à une forme de ballet.
Un entremêlement de rideaux de sable au sommet des crêtes, accompagné du sifflement si unique des dunes.
Un vrai son et lumière dans le désert du Namib.

Le canyon de Sesriem

À peine à quelques kilomètres de là, toujours dans le parc, le canyon de Sesriem.

Lui, il se mérite.

Une piste éprouvante

Pour y arriver, on emprunte une piste parallèle à la C27.
Les 3 ou 4 kilomètres les pires de tout ce voyage.
De la tôle ondulée royale.

Descendre dans le canyon

Heureusement, ce « petit » canyon vaut la peine.

En surface, il ne m’a pas marqué.
Il faut descendre dans ses entrailles pour en tirer parti.

Dans la pénombre, minuscule, avancer entre des parois verticales qui semblent mener jusqu’au bleu azur.
Un côté mystique.
Un régal pour les photos.

Randonnée dans les profondeurs du Sesriem Canyon en Namibie, une gorge naturelle sculptée par la rivière Tsauchab.

Retour en douceur

Et puis…
Il faut reprendre cette piste.

Lenteur et douceur seront nos leitmotivs pour le reste de l’après-midi.

Piscine avec vue sur le désert au Desert Hills Lodge près de Sesriem, un moment de calme après le safari

Dernière soirée au lodge

Pour clôturer notre séjour de trois nuits au lodge, nous aurons une petite faveur pour le dîner, en profitant d’une terrasse isolée et romantique.

Rencontre avec Shilli

Un petit mot sur Shilli.
Il était responsable de notre table durant notre séjour.
Discret, souriant, pro.

Nous avons pu échanger un peu avec lui.
Il nous a expliqué que, s’il avait assez d’argent dans son portefeuille, il pourrait rentrer chez lui quelques jours pour profiter de sa famille, au bout de six semaines de travail.

Deux mondes

Ce soir, autour de cette table isolée, deux mondes se sont frôlés.
Le sien et le nôtre.

Sans se le dire.

Fin du séjour

Je rentre demain.
Lui attend encore.

Jour 15 : Retour à Windhoek, fin du road trip en Namibie

Départ : Sesriem
Arrivée : Windhoek

Distance : ±310 km
Temps de route : ±4h (hors arrêts)

Arrêts :

  • Conny’s Restaurant and Coffee Shop (Klein Aub)

Carburant : Rehoboth

Objectif : Quitter Sesriem suffisamment tôt pour rejoindre Windhoek sans stress et conclure le voyage en douceur, entre retour progressif à la réalité et derniers kilomètres namibiens.

Derniers instants dans le Namib

Les valises bouclées.
Seul, sur la terrasse.

Je m’assois quelques minutes.
Je profite de ce silence minéral.

Un dernier lever de soleil namibien.

Tant de choses vécues.
Demain, je serai de retour en Belgique.

Vue depuis l'intérieur d'une chambre du Desert Hills Lodge sur une terrasse en bois avec deux fauteuils en osier face à l'immensité du désert au crépuscule.

Quitter le désert

Nous laissons le Namib derrière nous pour une longue route vers Windhoek.

Nous prenons la direction de Rietoog par les D854 et D1206.

Un changement dans le ciel

À notre grande stupéfaction, nous apercevons des nuages.
Les premiers pour notre dernier jour.

Paysage typique de road trip en Namibie : arbre isolé sur le bord d'une route de terre infinie sous un ciel parsemé de nuages.

Pause au bout du monde

Sur la M47.
Quelque part au milieu de nulle part.

Le Conny’s Restaurant & Coffee Shop.

Une adresse de bout du monde.
Comme une petite fermette.

Nous sommes les seuls à cet instant là.

Une jeune fille nous accueille.
Elle nous explique qu’ils torréfient le café de façon naturelle, grâce à la chaleur du soleil.

Derniers souvenirs à emporter

On savoure le café autant que ces derniers instants improbables.
Conquis, nous en emportons pour nos proches.

Retour à Windhoek

Retour sur la B1.
Tout droit jusque Windhoek.

Juste avant de rendre la voiture chez Namibia2Go.

Dernière pause gourmande

Un dernier arrêt chez Shema Coffee.

Une énorme part de gâteau avec un cappuccino.
Notre façon à nous de prolonger ce rêve.

Surtout un réconfort avant d’affronter le vol retour

Ce que je n’avais pas prévu

En arrivant en Namibie, j’avais entre les mains un road book costaud.
Tout était organisé à la lettre.
Tout était planifié au kilomètre près.
Tout était bouclé depuis des jours.

Et ce voyage s’est très bien déroulé.
Presque à la perfection.

Pourtant.

Quand je me remémore ce voyage,
au-delà de tout ce que je pensais que la Namibie avait à m’offrir,
j’ai le sentiment que ce sont les choses que je n’avais pas prévues qui m’ont le plus marqué.

Je ne changerai rien à ma façon de voyager.

Mais maintenant, je sais que tout ne se prépare pas.

Et que ce sont souvent ces moments-là…
que l’on garde vraiment.

Ne ratez rien ! Abonnez-vous à la newsletter pour suivre la suite de nos aventures

Publications similaires

Et vous, avez-vous aussi des craintes avant d’aborder un tel voyage ?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *